Siestes Electroniques 2011 : Umberto / Connan Mockasin / James Pants / Jess & Crabbe

 date du concert

26/06/2011

 salle

Prairie des Filtres,
Toulouse

 tags

Festival des Siestes Electroniques 2011 / Prairie des Filtres / Umberto

 liens

Festival des Siestes Electroniques 2011
Umberto

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Dernier jour à la Prairie des Filtres sous un soleil de plomb. On arrivera sur place vers 17h, juste à temps pour apprécier les premières notes de Umberto. Avec un tel prénom et présenté comme influencé par les films d’horreur italiens, Umberto trompe son monde puisqu’il nous vient de Kansas City, en plein cœur des États-Unis. Sur scène la formule est assez simple puisqu’il s’agit d’un projet solo, l’artiste travaillant principalement avec un laptop et un clavier. De notre côté on pensera aux musiques de John Carpenter, synthétiques et cinématographiques, aux ambiances sombres ou mystérieuses.
Le set nous apparaît ici un peu étrange, entre mélodies évidentes et rafraichissantes, une multitude de tubes en somme, et de longs passages d’une ambient plus abstraite, plus expérimentale, alignant nappes graves, souffles et bruitages. Plus discrètes, mais évidentes sur un ou deux titres, on notera également quelques influences de Kosmische Music, une façon d’improviser au clavier dans la droite lignée d’un Klaus Schulze. Un set fort plaisant, parfait pour ouvrir cette dernière journée.

Vers 18h15, on enchaîne avec Connan Mockasin, un néo-zélandais apparemment très attendue par les spectateurs, accompagné d’un bon petit groupe de musiciens et guests. On aura un peu de mal à comprendre l’enthousiasme qu’il y avait pour ce groupe pop. On y trouve des tonalités plutôt légères avec un son proche de guitares hawaïennes, mais celles-ci sont alanguies, façon blues. Quelques machines contribuent à un parfum 70s auquel s’ajoute une construction tendant vers un certain psychédélisme, mais c’est surtout la voix du chanteur qui fait toute la particularité de cette formation, une voix de fausset que l’on trouvera bien souvent maniérée.
Après après chaque titre ou presque, le chanteur remercie le public de l’applaudir, tandis que de notre côté on s’accrochera pendant une trentaine de minutes avant d’abandonner, par ennui.

Heureusement, à 19h30 James Pants fait son apparition et vient bousculer tout ça. C’était à peu près le set le plus improbable du festival, une véritable confrontation des genres. Seul sur scène, équipé d’un laptop, d’un micro, d’une boite à rythme, James Pants fait sans cesse le grand saut, croisant n’importe quel style musical tout en construisant un set cohérent, gardant son public en haleine de bout en bout. Imaginez une sorte de mashup mêlant musique pop lounge et voix de crooner, musique groovy et chant funky-rap scandé, standard du rock revisités et électro-ludique, avec en guise d’intermède un petit solo d’une rythmique minimale tendance techno.
Histoire de nous bluffer par son éclectisme, James Pants poursuit avec le Windowlicker d’Aphex Twin et la Messe pour le Temps Présent de Pierre Henry dans des versions relativement proches des originaux, faisant en fait de ce set un objet hybride, à mi-chemin entre le live et le DJ set. Au bout d’une cinquantaine de minute il demande au public si on n’en a pas marre de sa musique, puis devant l’enthousiasme général, il poursuit avec un dernier titre, nous laissant donc sur une très bonne impression.

Pour ne pas perdre les bonnes habitudes, afin de clore le festival sur un air de fête, nous avions un dernier set invitant les spectateurs à se lever et danser. Pour cette 10ème édition, il n’y avait pas mieux que Jess & Crabbe pour remplir ce rôle. Deux hommes qui se relaient aux platines, diffusant une musique que l’on qualifiera d’essence même de la dance music. Des rythmiques parfaitement irrésistibles, sur lesquelles il était difficile de ne pas hocher la tête, taper du pied, ou plus simplement se lever et danser comme le feront la grande majorité des spectateurs. Des rythmiques particulièrement répétitives, entêtantes et minimales, assez régulièrement enrobées d’un habillage évoquant les musiques africaines, parfois d’une électronique assez simple, créant au final une sorte de techno tribale.
Un savoir faire indéniable et une excellente conclusion pour cette 10ème édition qui aura battu des records de fréquentation. Un succès !

Rendez-vous l’an prochain ?...

Fabrice ALLARD
le 05/07/2011

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