Ambient Sunday #13 : Hauschka

 date du concert

26/06/2011

 salle

Gaîté Lyrique,
Paris

 tags

Gaîté Lyrique / Hauschka

 liens

Gaîté Lyrique
Hauschka

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En se rendant à la Gaîté Lyrique pour un nouvel Ambient Sunday et le concert d’Hauschka, nous craignions un peu d’assister à une énième prestation de piano solo que nous aurions écoutée, proches d’une certaine léthargie, complaisamment installés dans les confortables fauteuils du petit auditorium. Or, en y pénétrant, on put constater que Volker Bertelmann avait ouvert le couvercle de son piano à queue, prêt à recevoir toutes sortes d’objets. Avant de s’asseoir, l’Allemand s’introduisit, indiquant combien il était content de pouvoir enfin jouer à Paris car, jusqu’à présent il n’existait pas de salle adaptée à son type de musique (notons cependant qu’il s’était produit aux Instants Chavirés en octobre 2008). Plus tard, il reprit la parole une ou deux fois, racontant la genèse de son nouvel album ou précisant que le piano solo n’est pas son unique mode d’expression scénique et qu’il se trouve parfois accompagné de batteurs ou d’un ensemble à cordes.

Mais, pour cet après-midi, c’est bien en solitaire qu’il officia ; enfin pas vraiment tout seul car il avait apporté avec lui quantité d’ustensiles dont il se servit pour préparer son piano. L’Allemand put ainsi, suivant les morceaux, scotcher les cordes, les pincer avec des baguettes en bois ou les recouvrir d’objets divers : mèches de cheveux, cordelettes métalliques, papier aluminium tortillé, mini-vibreurs, rouleaux de gros scotch et de fil de fer, balles de tennis de table, grelots, etc… Tant et si bien qu’on n’aurait presque pas été surpris de le voir sortir de ses sacs et disposer sur les cordes de son piano un parpaing de 12 ou une roue de secours !

Naturellement, l’idée était d’influer sur l’intensité des notes jouées, la durée de leurs résonances, voire leurs timbres puisque, globalement, l’ensemble nous sembla nettement plus métallique que d’ordinaire. Lui permettant également d’accentuer la dimension percussive de son jeu, cette préparation put même ouvrir à Hauschka des perspectives atonales très « musique contemporaine ». Cette variété d’un morceau à l’autre le conduisit jusqu’à des territoires ambient par la grâce de l’apposition de trois e-bows, à même de faire tenir les notes en nappes d’arrière-plan.

Pour l’avant-dernier titre avant le rappel, Bertelmann rangea tout son attirail, défit les rubans de scotch et ramassa balles de tennis de table et morceaux de fer. On se rendit alors compte qu’il savait très bien tirer autre chose de son piano, quelque chose de plus élégiaque, de plus traditionnel également, mais qui pouvait constituer une très bonne conclusion d’une prestation parfaitement convaincante.

François Bousquet
le 04/07/2011

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