Scope #6 : Andrea Belfi + David Grubbs + Stefano Pilia / Harvey Digger / One Lick Less

 date du concert

08/07/2011

 salle

Les Voûtes,
Paris

 tags

Andrea Belfi / Basile Ferriot / David Grubbs / Harvey Digger / Hervé Boghossian / Les Voûtes / One Lick Less / Stefano Pilia

 liens

Hervé Boghossian
Les Voûtes
Andrea Belfi
One Lick Less
Harvey Digger

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C’est tout juste un an après la soirée Scope #5 que l’on retrouve la série organisée par Hervé Boghossian avec cette sixième édition dédié au "folk moderne". En fil rouge bien sûr, on retrouvait Hervé transformé en Harvey Digger, David Grubbs entouré d’Andrea Belfi et Stefano Pilia et la découverte du soir sous le nom de One Lick Less.

Grosse soirée donc, avec trois lives et un début des festivités à un peu plus de 21h avec le duo One Lick Less. Duo que l’on ne connaissait pas, mais composé de Basile Ferriot à la batterie (déjà croisé il y a quelques années aux côtés de Jassem Hindi pour un concert d’improvisations électroacoustiques) et Julien Bancilhon que l’on découvrait, aux guitares et chant.

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Julien Bancilhon (One Lick Less)

Quelques percussions improvisées et franches, coups secs et frétillements des cymbales, puis la steel guitar aux teintes légèrement blues, mais très vite c’est l’explosion. Basile Ferriot donne l’impression de se battre en duel avec sa batterie, délivrant une énergie franchement rock, empruntant au math-rock sans en respecter la rigueur. La guitare joue son rôle, mélodique, louvoyant entre rock et blues, posant quelques slides entre deux rugissements. Une musique franchement prenante qui semble faire l’unanimité. Les morceaux sont plutôt longs, on frôle ici les 10mn, on passe par quelques instants d’accalmie et on repart de plus belle avec Julien Bancilhon qui ajoute sa voix dans un registre plutôt original, entre l’incantation et le chant tribal.
Au bout de 4 titres (30mn), le duo changera un peu de registre. Julien abandonne la steel guitare au profit d’une guitare électrique, le tempo se calme, le chant devient systématique, la batterie plus classique, et on passe au registre des reprises. Après un début de concert mené tambour battant et parfaitement convaincant, cette deuxième partie nous ennuiera assez rapidement, nous laissant même au final sur un sentiment mitigé à la fin du concert. A posteriori on se dira que peut-être, une alternance des styles nous aurait peut-être tenu en haleine...

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Harvey Digger

22h30, on enchaîne avec Harvey Digger, projet folk d’Hervé Boghossian. Changement de nom, mais pas vraiment de nouveauté depuis la dernière fois puisque cela fait quelques temps déjà que l’on voit le Français se produire à la guitare acoustique. On ne s’étendra donc pas outre mesure sur le sujet : on retrouve un jeu généralement très franc, cordes pincées avec vigueur, l’artiste nous donnant d’ailleurs l’impression d’avoir gagné en aisance avec cet instrument. Au niveau des compositions, on alterne entre des formules couplet-refrain que l’on n’avait jamais vraiment noté jusque là (ou que l’on avait oublié) et des tendances minimalistes via des mélodies répétitives, entêtantes, gagnant au fil de l’eau en puissance et rapidité.
On atteindra malheureusement ici quelques limites. A force d’aisance, de facilité et au final de dextérité, la performance technique (si performance il y a) l’emporte sur la musique. Au bout d’un moment, à force de slides et cassures nettes, de débauche de notes, on se lasse de l’exercice de style. Un résultat toutefois variable puisque l’on adorera le dernier morceau instrumental, tout en contrastes et cassures.
Il aurait été parfait que le concert s’arrête là (40 petites minutes), mais on aura droit ensuite à deux chansons. Oui, Hervé Boghossian passe au chant avec deux titres de son propre fait. Une voix très grave et mal assurée sur What I’ve done, mais heureusement on terminera avec un ton un peu plus enlevé sur I do, I see....

Il est pas loin de 23h30 quand le dernier concert débute. Un trio donc, formé par le bien connu David Grubbs, ce soir à la guitare, Andrea Belfi dont nous avons parlé à plusieurs reprises sur ces pages, ici aux percussions et machines, puis Stefano Pilia que l’on découvrait pour l’occasion, à la guitare et pédales.

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David Grubbs

On a l’impression de tout de suite reconnaître un morceau de David Grubbs alors que celui-ci distille quelques notes, une mélodie flottante, haut perchée, à laquelle Andrea Belfi adjoint quelques percussions improvisées, et Stefano Pilia ajoute diverses expérimentations à la guitare. Ça démarre très bien, avec une sorte de post-rock ambient, flottant, hésitant, tantôt léger puis marqué de lourdes percussions. Dans ce début de concert, on verra très bien la part de chacun : on appréciera les expérimentations subtiles de Belfi, ses field recordings de pas repris par la grosse caisse, ainsi que le travail de Stefano Pilia, dans un registre plus rock, n’hésitant pas à basculer vers le drone bruitiste parfois. Mais on se sentira en terrain connu, trop connu peut-être puisque balisé par David Grubbs.
Mais le trio fonctionnait plutôt bien, on se rendait compte que les éléments n’étaient pas figé, qu’il y avait une part possible d’accident. Mais au bout de 25mn David Grubbs prend la parole, annonce le titre des trois morceaux à venir et on passe alors à un rock instrumental plutôt calibré et dont on sera moins fan. Nouvelle pause pour annoncer que les prochains morceaux sont extraits de An Optimist Notes The Dusk, album de David Grubbs sorti en 2008, plaçant Belfi et Pilia en tant que backing band, un sentiment déjà présent sur les précédents morceaux et qui résuira selon nous l’intérêt de ce trio.

Quelques instants plaisants, mais une soirée qui s’attarda inutilement. On aurait de loin préféré trois sets de 30-35mn à ces trois concerts trainant en longueur, composés tout les trois d’intéressant puis de dispensable.

Fabrice ALLARD
le 12/07/2011

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