Paris Cinéma 2011 - Courts-métrages

 réalisateur

Cécile Ducrocq

Stéphane Demoustier

 date

du 02/07/2011 au 13/07/2011

 salle

Mk2 Bibliothèque,
Paris

 tags

Cécile Ducrocq / Mk2 Bibliothèque / Stéphane Demoustier

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À côté de sa compétition de longs-métrages, de ses avant-premières, hommages et rétrospectives, en sus de son focus sur le cinéma mexicain (occasion pour Old El Paso de distribuer des tacos farcis à l’entrée du cinéma), Paris Cinéma propose également une sélection d’une dizaine de courts-métrages, majoritairement français et majoritairement centrés sur les relations humaines, à différents stades de la vie.

Bardé de récompenses dans de nombreux festivals (Angers, Clermont-Ferrand, Namur, Lutins du court-métrage), Aglaée s’avance de prime abord comme une éternelle chronique des relations filles-garçons au collège. Certes Rudi Rosenberg sait-il croquer habilement cette cour d’école où on se donne des gages, ces soirées dans lesquelles chaque groupe s’observe de part et d’autre du salon et ces premiers émois amoureux, mais cet horizon pourrait sembler un peu limité. Heureusement, ces craintes s’évanouissent par la présence de l’adolescente handicapée du titre, centre d’un film juste et sensible.

Dans la même tranche d’âge, Junior est en fait Justine, garçon manqué de treize ans, qui ne quitte pas sa doudoune et son survet’, rit grassement à la cantine et traîne avec les garçons du collège. Pour évoquer cette inadéquation entre enveloppe physique et ressenti psychologique et tout le mal-être adolescent qui en découle, Julia Ducournau utilise la métaphore de la desquamation et des secrétions corporelles. Apparemment, on est donc loin de la sensibilité ensoleillée d’un film comme Tomboy, jusqu’à ce qu’un twist au milieu du film ne change complètement la perspective.

Plus littéraire, Tout le monde dit je t’aime voit deux adolescentes échanger autour de ce simple texto reçu par l’une d’elles : « je t’aime ». Quelle portée y voir, entre sacralisation de ce mot et banalisation de sa répétition ? Quelles réactions avoir face à cette déclaration ? Dans ce dialogue, opposant l’écrit au dit, l’exprimé au pensé, les deux jeunes filles et la réalisatrice Cécile Ducrocq s’ancrent joliment dans une tradition très française (on pense évidemment à Marivaux, Rohmer ou Sarraute).

Une dizaine d’années plus vieux que les héros des trois courts-métrages précédents, Élise (Anaïs Demoustier) et Damien (Grégoire Leprince-Ringuet) sont en vacances dans la maison familiale de la première quand son grand frère débarque, surprotecteur et intrusif. Naît alors, chez Damien, de la jalousie de cette relation privilégiée alors que l’avenir de sa relation avec Élise est incertain car la jeune femme doit partir étudier à l’étranger. Avec Des Nœuds dans la Tête et ce trio non amoureux au sein duquel la paranoïa s’installe, Stéphane Demoustier signe une réalisation baignée par le trompeur soleil corse.

Enfin, on rajoute encore quelques années pour le premier court-métrage de Baya Kasmi, connue pour être la scénariste du très bon Nom des gens paru l’an passé. Comme dans le long-métrage, on se trouve face à un résultat loufoque et touchant à la fois, structuré par le jeu des comédiens aux caractéristiques inchangées d’un film à l’autre : une jeune femme délurée, maladroite, gaffeuse et n’hésitant pas à se promener nue, rencontre un homme mûr plus posé. Même cause, mêmes effets : on obtient également, avec ce J’aurais pu être une pute, une bonne réussite bien que l’on ait un peu l’impression de voir repasser les plats.

François Bousquet
le 10/07/2011

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