Inner Signal

Extremum

(Entropy Records)

 date de sortie

04/01/2011

 genre

Electronique

 style

Ambient / Industriel / Minimal

 appréciation

 écouter

26 extraits (Flash)

 tags

Ambient / Aum Guy / Entropy Records / Industriel / Inner Signal / Lipo / Minimal

 liens

Lipo
Entropy Records
Inner Signal

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Cela fait quelques chroniques que l’on écrit à propos de sorties du label Entropy Records, mais a priori le nom d’Inner Signal ne nous disait rien. Il nous faudra faire quelques recherches pour se rendre compte qu’il s’agit du français Philippe Lechat, déjà croisé sur la compilation Instinct (première référence du label) en tant que Lipo. Sa musique particulièrement synthétique, s’apparentait à une electronica épurée, lorgnant vers des atmosphères dark ambient sur son EP Dark Matters.
Comme nous allons le voir ici, avec Inner Signal, le Français se consacre à un style plus ambient et minimaliste.

Tout d’abord cet Extremum est un disque plutôt ambitieux avec une édition à 500 exemplaires, dont 50 bénéficiant d’un packaging original et fait main. Il s’agit ensuite d’un double album offrant près de 2h30 d’une ambient tour à tour spatiale et souterraine.
Chaque disque est composé de 13 pistes intitulées Module, simplement numérotées de 01 à 25, la dernière étant un remix. On navigue donc dans une certaine unité de ton, et si l’on est bien souvent méfiant vis à vis des productions à rallonge, cet Extremum donne l’impression que l’auteur maitrise parfaitement la longueur. Pour avoir écouté plusieurs fois l’album d’une traite, on notera que l’on ne s’ennuie pas. Peut-être que cela est du à la forme : 26 pistes de 5-6 minutes, permettant un changement de ton et donc un renouvellement assez régulier, tant au niveau des ambiances que des sonorités utilisées.

On ne parcourra pas toutes les pistes ici, mais voici quelques éléments qui devraient donner une idée. Tout d’abord, comme chez la plupart des artistes Entropy, les sonorités sont assez classiques, assez simples pourrait-on dire, toute droit sorties de vieux synthés légèrement triturés, nous ramenant quelques années en arrière. Heureusement, Inner Signal utilise assez régulièrement quelques samples probablement de son fait, en particulier au niveau des percussions, comme les klaxons et coups métalliques de Module 07, crépitements, bruits de tronçonneuse et de scierie sur un Module 13 plus expérimental, aux mélodies subtiles, qui sort aisément du lot.
Par ailleurs on navigue entre de grandes plages de nappes tour à tour chaleureuses et désolées Module 20, amples, bouillonnantes et crépitantes Module 01, de temps à autre accompagnées de rythmiques, percussions sourdes aux influences industrielles et anxiogènes (Module 02) ou frétillements plus légers sur Module 19.
Si Inner Signal parvient à se renouveler régulièrement, on notera tout de même une certaine uniformité tout au long de Extremum, ce qui n’est pas vraiment surprenant sur une production aussi longue. Aussi ce sont quelques petites perles, des éléments précis et rares qui retiennent bien souvent notre attention. Des sonorités qui nous rappellent un titre de Future Sound of London sur Module 06, quelques bleeps mélodiques et lumineux sur Module 09, des nappes à la Klaus Schulze sur Module 10, des abstractions mélodiques que l’on croiraient tirées d’une œuvre du GRM sur Module 14 et pour conclure des nappes de chœurs qui vous transportent sur Module 24 (Extremum). Si l’on peut trouver que ces voix envoutantes sont sous exploitées, on se consolera avec le remix produit par Aum Guy qui conclue magnifiquement ce double album.

En résumé de l’ambient synthétique, tour à tour sombre et cotonneuse, dans laquelle on prend un grand plaisir à se perdre.

Fabrice ALLARD
le 17/07/2011

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