De la neige en été

 date

du 01/06/2011 au 21/08/2011

 salle

Confort Moderne,
Poitiers

 appréciation
 tags

Bertrand Lamarche / Confort Moderne / Laurent Le Deunff / Stéphanie Cherpin

 liens

Confort Moderne

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Pour son exposition collective estivale, le Confort Moderne a tout mis en place pour nous plaire : réunir sept artistes français plutôt jeunes (et pour une partie découverts à Dynasty l’an passé) et choisir comme titre le nom d’une des meilleures chansons d’un des meilleurs groupes français (Diabologum se reforma d’ailleurs spécialement pour le vernissage). Répartis équitablement dans les différents espaces de l’entrepôt-galerie, les plasticiens profitent de la place qui leur est laissée pour, précisément, proposer des œuvres travaillant sur le rapport à l’espace.

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Laurent Le Deunff - Caverne
(courtesy Le Confort Moderne)

Dès l’entrée, Laurent Le Deunff met en place une fausse grotte, faite de papier peint à la main et disposé sur des panneaux de bois. Masquant le reste du lieu, cette Caverne sert d’idéale introduction et fait le choix de réduire l’espace dévolu au créateur. Même démarche chez Ingrid Luche avec son faux plafond situé à mi-hauteur de la pièce qui lui est dévolue. C’est alors dans ce champ restreint que le spectateur est tenu d’appréhender une sculpture en bois représentant sommairement une femme qui crie, comme si son appel était voué à être étouffé par les dalles de faux plafond absorbantes. Moins imposant, Bertrand Lamarche réalise deux installations jouant sur notre perception de la lumière dans l’espace : Réplique dirige ainsi un faisceau lumineux vers une feuille d’aluminium dont la surface est modifiée par la rotation régulière de deux stylets, tandis que Looping mêle répétition du même sillon d’un LP par le bras d’une platine vinyle revenant continuellement à la même position et matérialisation du faisceau lumineux grâce à la fumée projetée dans la pièce noire.

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We Are The Painters - Ulma
(courtesy Le Confort Moderne)

Accrochées au mur ou posées au sol, les propositions de Niels Trannois et du duo We Are The Painters opèrent pour leur part autour de la matière. Le premier réalise de la sorte des peintures sur bois agrémentées de collages (poudre de marbre, dorures, cartons, papiers) ou dont le support est creusé pour en révéler la part enfouie. Les seconds, hormis leur série de toiles de visages féminins sur lesquelles on préfèrera passer, ont sculpté une pierre calcaire pour la faire grossièrement ressembler à une chèvre.

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Stephanie Cherpin - Heaven Is a Truck
(courtesy Le Confort Moderne)

Au croisement de ces deux préoccupations, Stéphanie Cherpin, dont on avait apprécié, l’an passé au Palais de Tokyo, les monumentales installations à base de mobilier urbain, renoue avec ce gigantisme. Ayant récupéré divers rebuts sur des chantiers (portes lacérées, poutres métalliques, morceaux de rocher), la Française réalise une sculpture imposante, massive et fragile à la fois puisqu’il est permis de considérer les cordages et nœuds de jonction entre les différents éléments, peints à la bombe rouge, comme des articulations sanguinolentes.

François Bousquet
le 01/08/2011

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