Dakota Suite & Emanuele Errante

The North Green Down

(Lidar / Import)

 date de sortie

25/02/2011

 genre

Electronique

 style

Ambient / Néo-Classique

 appréciation

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9 extraits (MP3)

 tags

Ambient / Dakota Suite / Emanuele Errante / Lidar / Néo-Classique

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Dakota Suite est un nom que l’on connait depuis des années mais que l’on ne situait pas dans notre ligne éditoriale, malgré de nombreuses sorties sur le célèbre label Glitterhouse Records (The Walkabouts, Codeine, 16 Horsepower), certes pas très orienté musiques électroniques.
En fait The North Green Down se situe dans un contexte un peu particulier. S’agissant d’un disque très personnel, seul Chris Hooson intervient ici, en faisant appel à Emanuele Errante (déjà croisé au sein de Herion) suite à sa collaboration sur l’album de remixes The Night Just Keeps Coming In (Karaoke Kalk, 2009).

Disque très personnel disions nous... les premières notes sont apparues dans l’esprit de Chris Hooson lors d’une balade en bord de mer. Il était à Southwold, 150km au nord-est de Londres, avec sa femme et sa belle-soeur Hannah alors atteinte d’un cancer. C’est la dernière fois qu’ils partaient en vacances ensemble, et The Green North Down lui est dédié.
Chris a enregistré de son côté les premières maquettes à base de piano et guitare, puis il a envoyé le tout à Emanuele Errante dont il connaissait parfaitement le travail. Il savait que l’Italien parviendrait à ajouter ce qu’il faut pour transformer ces ballades en hymnes à la mémoire d’Hannah.

Le piège du disque empreint de pathos était logiquement énorme mais les deux hommes ont gardé à l’esprit le fait de produire une musique qui rappelle avant tout le souvenir d’Hannah plutôt que sa disparition. Le contexte dans lequel elle a été pensée explique certainement en partie la sérénité qui se dégage de The North Green Down. Le disque s’ouvre sur le morceau titre, ensuite décliné en 7 mouvements répartis au long des 80mn que dure l’album. Une superbe mélodie de piano, lente, répétitive, douce et lumineuse, qui vous habite immédiatement, finit par croiser quelques notes de guitare. Ce thème qui sert de fil rouge se fait plus tard accompagner par une clarinette, quelques notes de piano plus grave pour un jeu plus contrasté, tout en relief (The North Green Down (Part IV)), ou encore un violoncelle et un jeu de cordes pincées plus accidenté, plus libre et vivant sur The North Green Down (Part VI).
C’est David Darling qui se charge des parties de violoncelle, un artiste reconnu, notamment signé sur ECM et qui collabore régulièrement avec Dakota Suite. L’instrument est particulièrement présent, un peu trop peut-être, écrasant piano et guitare sur A Worn Out Life (With Cello) dont on préfèrera donc la version originale sur laquelle il ne sert que d’accompagnement discret.

Il s’agit là d’une musique contemplative et minimaliste. Le piano lent de Leegte est là pour en témoigner. Une touche néoclassique à laquelle se joint une mélodie de guitare et on pensera alors aux Rachel’s dans un style plus épuré.
Quant aux interventions d’Emanuele Errante, on les reconnaitra discrètes et subtiles. On a l’impression qu’il s’agit bien souvent avant tout d’un travail de producteur, arrangeant quelques effets, ajoutant de légères nappes électroniques (Away From This Silence) ou des field recordings comme les chants de cigales et bruits de rivières de Nobody Is Ever Safe. Son apport semble être un peu plus présent et plus marqué en fin de disque. Ses graves ronronnements et frétillement mécaniques surprennent sur No Greater Pain, et Wat We Kwijt Zijn sonne extrêmement électronique même s’il reste dans l’esprit de l’album : ambient, lumineux et apaisé.

Après 1h15 de musique, on ferme la boucle avec The North Green Down (Part VII). Une mélodie qui revient comme un rappel de la mémoire d’Hannah, des cordes fines qui semblent provenir d’une harpe, une magnifique conclusion pour un très bel album.

Fabrice ALLARD
le 08/08/2011

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