Hanna Hartman

H^2

(Komplott / Metamkine)

 date de sortie

22/02/2011

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Musique Concrète

 appréciation

 tags

Expérimental / Hanna Hartman / Komplott / Musique Concrète

 liens

Komplott
Hanna Hartman

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Un délai anormalement long sépare H^2 de Ailanthus, précédent album d’Hanna Hartman sorti en 2007. Il s’agit ici du quatrième album de l’artiste suédoise, et son troisième chez Komplott, un label suédois pointu chez qui l’on trouve notamment Andreas Bertilsson, Son of Clay ou encore Hans Appelqvist. Pour avoir écouté les deux précédentes productions de l’artiste, on se souvient que son travail s’affine et devient de plus en plus expérimental, abstrait. Si H^2 en reprend la forme, on constate effectivement qu’une fois encore la Suédoise approfondi ses recherches sonores.

L’album se compose de cinq pièces, pour la plupart des commandes de la radio suédoise sur la période 2007-2010. Hanna Hartman travaille avant tout à partir de sons concrets, qu’il s’agisse de samples ou de véritables field recordings, mais quelques nouveautés apparaissent sur ce nouvel album qui semble être un virage.
Message From The Lighthouse s’ouvre sur un bruit qui fait penser à une bouteille vide qui roulerait sur le sol, puis une tonalité installe le doute, proche d’un violoncelle, légèrement grinçante. Même s’il est difficile d’identifier les sons, de comprendre comment ils sont produits, certains nous parlent aisément : une lamelle métallique que l’on fait frétiller sur le bord d’une table, une structure que l’on secoue et qui semble imiter l’envol de pigeons, des caisses que l’on malmène, provoquant alors des entre-chocs de bouteilles vides. Et puis au milieu de ces collages abstraits, apparait un percussionniste a priori improvisateur, dont les petits coups sur les peaux de ses tambours imite la pluie qui tombe.

La musique d’Hanna Hartman est difficile d’accés et H^2 demandera un peu de patience voire de persévérance afin d’être appréciée à sa juste valeur. Un certain attachement finit par apparaitre alors que l’artiste joue sur le rappel de certaines sonorités, de certaines structures, mais ses compositions restent très abstraites et au stade de l’évocation, très axé sur la nature avec Nightlock ou les ambiances asiatiques avec Shanghai Fireflies, entre ambiances de rues (voix des passants, vélos, klaxons, coq) et les frétillements et souffles retenus d’une trompettiste.
Mais au final, c’est surtout Circling Blue qui retiendra notre attention. Ici la Suédoise a fait appel à la soprano Ida Falk Windland qui nous lance ses vocalises haut perchées, bientôt rejointes par le sifflement de moteurs de Formule 1. Voix et mécaniques semblent alors tour à tour rivaliser puis former un duo avant que le grincement d’un portillon ne se joigne à la fête. Étonnant !

Peut-être ne l’avons-nous pas encore assez écouté, pas encore apprivoisé, mais H^2 nous apparaît difficile d’accès, plus abstrait, avec des sonorités plus arides que sur les précédentes productions de la Suédoise. Pour public averti donc, et globalement pour amateurs de musiques concrètes.

Fabrice ALLARD
le 09/08/2011

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