Eboman - Qubo Gas

 date du concert

24/05/2003

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 tags

Centre Pompidou / Eboman / Qubo Gas

 liens

Eboman
Qubo Gas
Centre Pompidou

Dans le cadre du Flashfestival, lui même dédié au contenu artistique développé pour internet par le célèbre logiciel de Macromedia, se produisait ce soir Qubo Gas, collectif plus connu pour ses productions visuelles avec le site web du label Ski-pp, des animations pour les Dat Politics ou Scratch Pet Land.
Eboman ensuite, artiste néerlandais ce soir en duo pour une prestation de VJ pas comme les autres.

En raison de problèmes techniques, un seul des trois membres de Qubo Gas s’est présenté sur scène pour un set qui bien que différent, nous rappela celui assuré par General Magic et Pita avec Tina Frank qui dessinait en produisant des sons. Certes ce soir les dessins n’étaient pas réalisés en direct, mais on retrouvait quelques points communs dans ces illustrations naïves, enfantines, ces gribouillis animés et colorés, aux effets de zoom pixelisés, certains éléments revenant régulièrement, accompagné des mêmes sons. Mis à part ses quelques éléments conducteurs, difficile de faire un lien direct entre image et son, mis à part le style, tout aussi dépouillé, relativement ludique avec quelques bruitages faisant passer l’ensemble pour un improbable jeu vidéo, ceux-ci formant quelques fois des bribes de mélodies.

Eboman ensuite avec pour commencer le film The Driver Must be a Madman qui sur le principe nous rappellera la prestation de Red Sniper voici un mois. Mais là ou ces derniers se cantonnaient à un écran en jouant sur les sons d’un film, Eboman réalise un véritable mixage aussi bien visuel que sonore, comparable à un DJ set à 3 platines. En effet sur l’écran sont projetés 3 films qui sont autant de sources sonores servant à composer une musique. Les coups d’épée sur une armure construisent une rythmique electronica qui se complexifie ensuite avec les bruits de la course d’un cheval. A droite, le moteur d’une voiture ronronne, le film étant joué à différentes vitesses pour changer la tonalité d’un son.
On regrettera juste que la suite soit très orientée jungle/drum’n bass, mais le spectacle restait fort intéressant que ce soit par le lien entre la diffusion sonore et la position des films (son du film de gauche diffusé sur l’enceinte gauche...), par la volonté de mixer également les films entre eux, en utilisant ces 3 films pour n’en faire qu’un seul à l’écran particulièrement large, comme cette scène ou un personnage sur la gauche lance une épée, qui virevolte en l’air sur l’écran central et vient retomber sur une voiture sur l’écran de droite. De nombreux effets visuels sont également présents pour pixeliser une image, la fondre avec une autre, la faire s’échapper d’un écran pour la faire réapparaître dans un autre, ceux-ci étant sonorisé par des textures laptops bruitistes.
Enfin on notera quelques passages particulièrement bien trouvés, comme les crissements des pneus d’une voiture ou une sirène de police qui reproduisaient les scratchs d’un vinyle.

Dans un deuxième temps, les deux artistes se le joueront encore plus fun en mixant des images de clip soul, funk, R’nB passant sur MTV. Ils remplacent le logo de la célèbre chaîne musicale par le logo ’Eboman’, découpent les chanteuses en tranche, leur font subir quelques jolis effets donnant l’impression de les sortir de l’image.
Toujours très concentrés, ils se détachent quand même un peu de leurs laptops et contrôlent les images avec un volant destiné aux jeux vidéos, un skateboard transformé, et une palette graphique qui remplace une platine vinyle : les mouvements du stylo étant comparables à ceux qu’un DJ applique à ses disques.

Une soirée dont on n’attendait pas grand chose, si ce n’est "pour voir", mais qui fut une très bonne surprise, tant pour le résultat que pour la dimension scénique, assez inattendue pour ce genre de performance.

Fabrice ALLARD
le 25/05/2003