Fire Flower Revue / Ricky Hollywood & The Lowpets / Edh / Elmapi

 date du concert

06/09/2011

 salle

Bouillon Belge,
Paris

 tags

Bouillon Belge / EDH / Elmapi / Fire Flower Revue / Ricky Hollywood / Videolove

 liens

EDH
Videolove
Fire Flower Revue
Ricky Hollywood
Elmapi

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Déjà évoqué il y a quelques mois, le Bouillon Belge est le dernier lieu à la mode pour musiques alternatives et expérimentales, dans un esprit proche du Rigoletto. À noter le petit bonus, un excellent choix de bières belges à la pression qui nous aide à patienter en attendant le premier set.

On se déplaçait principalement ce soir pour Fire Flower Revue, projet solo d’un jeune artiste de Toronto, mais c’était aussi l’occasion de retrouver quelques têtes connues.
On commence ainsi par Elmapi, le projet d’Élise, responsable du label Lentonia (Edh, Unison). Nous avions déjà croisé Elmapi au sein de Videolove, le projet qu’elle mène avec Matterlink, justement au Rigoletto. Elle est cette fois seule sur scène, à la batterie électronique et au chant, tandis qu’une base instrumentale préenregistrée est diffusée au second plan. Les reproches que l’on faisait il y a près de deux ans seront ici à peu près les mêmes. En effet on retrouve tout de suite ce chant, mal assuré, cette voix qui bifurque vers des intonations inattendues... Pas trop gênant sur les couplets du premier morceau, plus proches du spoken word, ces approximations deviennent un véritable handicap sur le refrain.
On essayera d’en faire abstraction, et on reste alors scotché sur le jeu de percussions qui relègue au second plan les pistes enregistrées. Peut-être aussi un problème de mix ici avec une rythmique trop en avant. Des petits couacs regrettables alors que l’on devine sur certaines chansons un véritable potentiel de petites perles électro-pop aux influences new wave. Un concert très court, 5 titres, avec pour finir une reprise d’une chanson d’Emmanuelle de Héricourt, parfaite transition avec le deuxième set.

2-3 mn d’installation et on enchaîne avec Edh. L’ayant encore vue en juillet dernier, on ne s’attendait pas à la moindre surprise avec ce set. Belle erreur de notre part puisque celle-ci se produisait en duo avec Elmapi aux percus et chœurs. On avait adoré le concert à l’International, on fut enchanté par celui-ci. Peut-être le son était-il meilleur ce soir, révélant alors toute la douceur de ces chansons, tant au niveau des mélodies que de la voix, avec une section rythmique plutôt bienvenue, très affirmée, contribuant à un relief nouveau.
Les chansons ne perdent rien de leur potentiel, les deux femmes enchaînent les tubes, 3mn par titre, les mélodies prêtes à fredonner sur des rythmiques sautillantes, absolument parfait. Un concert encore très court, une vingtaine de minutes et une formule que l’on espère revoir sur scène !

Un petit break vidéo avant de poursuivre la lecture ?

Vers 21h40 c’est au tour de Ricky Hollywood de prendre place. Nous ne connaissions pas cet artiste, Stéphane Bellity de son vrai nom, mais nous avions déjà du le croiser à la batterie aux côtés de Hypo. Il se produit également en tant que batteur au sein de La Féline, mais Ricky Hollywood est son projet personnel. Sur scène Ricky prend vie grâce à deux autres musiciens aux claviers et deux jeunes femmes avec masques de chats qui font la chorégraphie et viennent nous masser les épaules sur la lounge-pop de Relax.
On entre véritablement dans l’univers léger et coloré de Ricky Hollywood avec Parti dans le passé. Une voix douce que l’on a envie de qualifier de variété française des années 80, sur une musique qui elle, s’inspire bien souvent des années 70. Efficacité pop, alternance de douceur et de rythmiques dansantes, et paroles légères voire humoristiques sont les principales caractéristique de cette musique. Un brin de nostalgie, de science-fiction kitsch, des chansons d’amour (Sur le Icefloor), ou encore la filiation sont quelques unes des thématiques abordées. On appréciera tout particulièrement la modernité de Tu me voudras dont on vous livre ici l’essence : "Quand tu découvriras mon profil sur le Net / Tous les amis qui me laissent des comments / Tu verras / Ce jour / Tu me voudras.".
Tous les fans étaient là, forcément euphoriques, et très vite le Bouillon Belge se transforme en dance club. Même si ce soir il avait "l’impression de jouer dans une noisette" (en référence au son un peu trop faible selon lui), Ricky Hollywood nous a fait une superbe impression !

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Fire Flower Revue

Principale raison de notre déplacement, la découverte de Fire Flower Revue, projet solo du canadien Jarrett Prescott, basé à Toronto. La scène nous apparaît bien vide après le passage de Ricky Hollywood : le canadien dispose d’un petit pupitre avec quelques machines, un mélodica, et son micro puisque sa musique est avant tout chantée sur une base instrumentale plutôt minimale. Sa machine lui sert à déclencher samples et boucles, puis il se consacre au chant, un peu maniéré, aux intonations atypiques, frôlant parfois la voix de fausset.
Fire Flower Revue possède un charme particulier qui tient en grande partie sur un décalage entre un chant sophistiqué et une musique qui va droit au but, avec un section rythmique généralement très marquée. Une musique que l’on croirait taillée pour le dancefloor, légèrement influencée par le hip-hop, mais des chansons pop un peu graves, dont on ne voudrait pas perdre une miette, du coup le public écoute au lieu de danser. A la fin du concert, un mot nous viendra à l’esprit : "classe". Aussi bien pour la musique pour que ce que dégage le personnage, remerciant chaleureusement ses amis-organisateurs de cette soirée.
Le public d’abord peu nombreux est finalement descendu dans la cave surchauffée, et tout le monde en redemande. Nous auront alors droit à Clignancourt, superbe chanson en français, alternant voix et break de mélodica. Joli final. On essayera de vous parler prochainement de son troisième album autoproduit qui vient tout juste de sortir.

Fabrice ALLARD
le 12/09/2011

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