Ambient Sunday #14 : Esmerine

 date du concert

25/09/2011

 salle

Gaîté Lyrique,
Paris

 tags

Esmerine / Gaîté Lyrique

 liens

Esmerine
Gaîté Lyrique

 dans la même rubrique
29/11/2016
Moskus
(Maison de Norvège)
07/11/2016
Melmac
(Pop In)

Avant de monter à l’étage pour retrouver le grand foyer de la Gaîté Lyrique et assister au concert d’Esmerine, il s’imposait naturellement de passer par la billetterie sur laquelle il convient de s’arrêter quelques instants. Rappelons tout d’abord que l’équipement est tout récent (ouvert depuis un peu plus de six mois) et que, déjà, lors de nos deux précédentes venues, nous avions remarqué que ce passage obligé pouvait être amélioré. Cette fois-ci, afin de nous éviter des files d’attente lors des prochains concerts, nous décidâmes de nous abonner à la Gaîté Lyrique, d’une part, et de prendre nos places pour ce dimanche et pour deux autres dates automnales, d’autre part. Tout d’abord, seule une des deux caisses ouvertes permet de payer en carte bancaire ; ensuite, on nous indiqua qu’il fallait régler séparément adhésion et places et enfin, comble du ridicule, un paiement simultané de tous les billets est impossible, imposant donc de passer quatre fois sa carte bancaire dans la machine ! Assurément, si, architecturalement et artistiquement, la Gaîté Lyrique est déjà au point ; logistiquement, elle en est loin.

JPEG - 34 ko
Bruce Cawdron

Finalement parvenu à bon port, on fut à nouveau agréablement surpris par la disposition du plateau dans ce bel espace constitué par le foyer ainsi que par l’affluence conséquente en cet après-midi ensoleillé. Passés du duo au quatuor pour leur dernier album en date, les Canadiens prirent place, chacun derrière son instrument, accompagnés d’une jeune femme installée côté cour et dévolue aux visuels. Musicalement, La Lechuza nous avait un peu déçus par rapport aux deux longs-formats précédents d’Esmerine, se montrant trop calme et manquant de ces passages tendus qu’on pouvait trouver auparavant. Sur scène, à l’inverse, ces deux veines furent présentes, de même qu’une alternance entre morceaux aux notes rapides et aigues de marimba (A Dog River), pièces plus apaisées (There Were No Footprints In The Dust Behind Them...) et titres plus sombres, centrés sur des tonalités plus graves émanant du violoncelle de Beckie Foon ou du marimba frotté à l’archet par Bruce Cawdron.

JPEG - 48.4 ko
Beckie Foon, Andrew Barr et Sarah Pagé

Quand Andrew Barr frappait plus vigoureusement ses fûts et cymbales et que les cordes (violoncelle de Beckie, harpe et cithare de Sarah Pagé) s’exécutaient plus rapidement, on basculait dans une ambiance franchement post-rock qui nous séduisit amplement. N’oubliant pas de rappeler le contexte dans lequel leur troisième album avait été conçu (avec Last Waltz joué en hommage à Lhasa, amie du groupe), les Montréalais furent également servis par des vidéos réalisées en direct et particulièrement pertinentes. Confectionnées à partir de couches de calques superposées sur lesquelles la vidéaste jetait poignées de terre, tiges et feuilles d’arbre ou taches de peinture colorée, les images optèrent pour un positionnement un peu sépia dans ses teintes, un peu scrapbook dans son concept. Cadrant impeccablement avec le set d’Esmerine, cet apport visuel finit de nous convaincre que, nonobstant nos réserves sur La Lechuza, cette formation constitue bien un groupe important.

François Bousquet
le 27/09/2011

À lire également

Esmerine
Lost Voices
(Constellation)
Esmerine
La Lechuza
(Constellation)
Esmerine
Aurora
(Madrona Records)