In_Perceptions

 date

du 24/09/2011 au 04/03/2012

 salle

Le 104,
Paris

 appréciation
 tags

Ann Veronica Janssens / Le 104 / Leandro Erlich

 liens

Le 104
Leandro Erlich

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Perception du réel, jeu sur le visible et le caché ou travail sur l’illusion font régulièrement partie des préoccupations des plasticiens contemporains, à la suite des artistes plus classiques qui ont souvent eu ces mêmes obsessions. Nouveau témoignage avec cette exposition mi-collective, mi-monographique puisqu’elle regroupe trois créateurs proposant chacun une ou deux œuvres, éclatées entre la Halle Aubervilliers et trois ateliers d’un 104 qui ne s’attendait probablement pas à accueillir autant de monde pour cette occasion. En effet, avant de pouvoir accéder à chaque installation, une file d’attente conséquente se présente devant nous, celle-ci n’avançant qu’extrêmement lentement, eu égard au fait qu’outre la foule présente, deux des cinq pièces (celles de Lawrence Malstaf) sont conçues pour un seul spectateur à la fois.

Le Belge convie ainsi le public à deux expériences, à la fois ludiques et scientifiques, dans lesquelles il est joué avec la peur de voir des soucoupes nous tomber dessus, d’une part, et l’impression de voir son reflet dans un miroir vieilli puis déformé, d’autre part. Ce Mirror, aidé par une lumière tombant du plafond et une surface réfléchissante agitée par des ondulations, a beau interroger sur la connaissance de soi, on le trouvera inférieur à une expérience proche vécue avec la Time Machine de Larry Bell.

Plus ludique encore, les deux propositions de Leandro Erlich permettent aux enfants d’être pleinement intégrés à l’exposition. De fait, ils sont nombreux à se mouvoir sur le Bâtiment posé au sol de la Halle et réfléchi, grâce à un grand miroir incliné à 45°, pour faire croire que la façade d’immeuble se tient verticale. De même, les circonvolutions de Changing Room, labyrinthe fait de petites pièces et de cloisons parfois traversables, parfois obstruées par un miroir, ravissent le public.

Enfin, la plongée dans le brouillard d’Ann Veronica Janssens s’avère probablement la création la plus convaincante, parvenant, par une simple apposition de néons de couleurs différentes, à suggérer des ambiances très différentes d’un espace à l’autre : caractère édénique quand la lumière est blanche, dimension plus sulfureuse avec le rouge, etc… Immergés dans cette fumée qui nous empêche de voir à plus de deux mètres, la sensation d’être hors du temps et de l’espace nous saisit véritablement, davantage que dans les autres installations qui, en tout état de cause, ne justifient nullement les deux heures et demie d’attente cumulées.

François Bousquet
le 12/10/2011

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