Sylphides

 chorégraphe

François Chaignaud

Cecilia Bengolea

 date

du 13/10/2011 au 15/10/2011

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Cecilia Bengolea / Centre Pompidou / François Chaignaud

 liens

Centre Pompidou

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Depuis quatre ans que les créations du duo sont reconnues et saluées, nous n’avions pas encore eu l’occasion d’assister à un spectacle de François Chaignaud et Cecilia Bengolea. Avec la reprise de Sylphides au Centre Pompidou, nous pûmes donc découvrir cette chorégraphie du duo franco-argentin dont les images trouvées çà et là sont plus qu’intrigantes.

Afin de corroborer ce sentiment, trois sacs en latex noir sont déjà présents sur le plateau lorsque débute la représentation ; gonflés telles de grosses baudruches, ces contenants sont immobiles jusqu’à ce qu’une assistante vienne en faire le vide à l’aide d’un aspirateur. Se découpent alors trois formes humaines qui se retrouvent moulées par l’épaisseur de latex. Pendant plusieurs minutes, les danseurs restent ainsi au sol, allongés et immobiles, laissant jouer la puissance évocatrice de ces apparences. Statues pétrifiées par la lave, momies d’un autre âge, gisants reposant dans un caveau, dépouilles emballées dans des sacs mortuaires, amateurs de SM fondus dans leur combinaison : toutes les hypothèses s’avèrent possibles.

Peu à peu, les corps se mettent en mouvement et les trois interprètes se rapprochent comme des larves s’agglomérant pour survivre, tirant alors le geste vers une forme de zoomorphisme. Travaillant sur une distorsion de la perception (même très rapprochée du corps, l’enveloppe empêche de clairement distinguer qui des bras ou des jambes sont au sol quand les danseurs sont debout), Sylphides relève également de la performance physique puisque l’absence d’air à l’intérieur des sacs conduit les artistes à respirer par des pipettes.

Après un temps, l’assistante regonfle les enveloppes, puis en extrait les danseurs en dézippant les sacs, laissant apparaître des interprètes habillés d’une combinaison couleur chair qui permet de filer à nouveau la métaphore animalière (le cocon s’est ouvert, la larve en sort quasi-nue). Libérés de leurs gangues, Chaignaud, Bengolea et Marlene Monteiro Freitas ont terminé leur mutation et peuvent enfin réaliser de grandes diagonales à l’air libre tandis que résonne le Viva Forever des Spice Girls.

Autre date :
- 21 octobre 2011 : Festival Materials Diversos - Minde (Portugal)

François Bousquet
le 18/10/2011

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