Alterminimalismes #6 : Rachel Grimes / Oval

 date du concert

13/10/2011

 salle

Collège des Bernardins,
Paris

 tags

Collège des Bernardins / Oval / Rachel Grimes

 liens

Oval
Collège des Bernardins
Rachel Grimes

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Après un break estival, on reprenait ce soir le chemin du Collège des Bernardins, principalement motivé par la présence de Oval. Sur le coup, le nom de Rachel Grimes ne nous disait rien. On écoutait bien les Rachel’s il y a quelques années, mais nous avons toujours considéré cette formation comme un groupe indissociable. On n’avait donc jamais vraiment prêté attention au nom de Rachel Grimes alors qu’il s’agissait de la principale instigatrice du projet.

On se permet de parler des Rachel’s au passé dans la mesure où ils n’ont rien sorti depuis le System/Layer de 2003. Rachel Grimes semble se consacrer désormais à The Big Eyes Family Players, collectif ayant sorti 5 albums depuis 2006, et à sa carrière solo avec un album intitulé Book of Leaves publié en 2009 chez Karate Body et Ruminance pour la version CD.
Ce concert s’inscrivait dans le cadre d’une tournée européenne assez intense jusqu’à la fin du mois, et qui se révèle être grosso modo une présentation live de son album. On est plutôt convaincu par le premier morceau, tout en contrastes, enchaînant lenteurs et accélérations, entre ombres et lumières, très beau. Rachel Grimes enchaîne ensuite avec une nouvelle pièce qu’elle interprétait pour la première fois, inspiré du jeu à quatre mains en mémoire de son professeur de piano, toujours très contrasté mais aux mélodies moins faciles.
Nouveau break, puis elle nous fait une présentation des morceaux à venir, influencés par le cadre dans lequel ils ont été composés, un monastère. Elle nous interprétera alors l’intégralité de Book of Leaves, dans une version extrêmement proche de l’album. Si les fans n’ont certainement pas été surpris, ce fut une découverte pour nous. Une petite quinzaine de morceaux, généralement assez courts, alternant entre virevolte et lenteur contemplative, tendance tristoune. C’est globalement bien joli, mais on s’ennuie bien aussi à l’écoute de cette musique en clair obscur.

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Oval

Le temps d’une petite pause, on se fera la remarque qu’il n’y a pas grand monde ce soir au regard du succès que connaissaient ces soirées au printemps, à croire que les spectateurs potentiels n’ont pas noté la récurrence de ce rendez-vous. Bien dommage parce que la suite fut l’occasion d’avoir quelques surprises.
À 21h30 Markus Popp prend donc le relai derrière son laptop et quelques machines. Petites mélodies concassées à peu près dans la lignée de ce que l’on connaissait d’Oval, mais avec un jeu de percussions inattendu, que l’on rapprocherait tantôt d’un post-rock jazzy, gentiment chaotique, avec quelques fulgurence pop-rock, plus classiques. Ses sonorités torturées sont un véritable enchantement, vrillées, à peine grésillantes et gardant en permanence une sensibilité pop.
Et puis au bout d’une dizaine de minutes, l’épure, la répétition, le tempo parfait, Oval nous ferait presque danser. Coincé dans notre fauteuil, on se contente de hocher la tête et de battre la mesure, mais l’Allemand ne fait que nous titiller et crée le manque en restant sur une ébauche. Ce sera là notre principale critique de ce concert : pendant une heure Oval aligne des morceaux de 2mn qui donnent l’impression de n’être que des maquettes. Bien souvent brillants, sophistiqués et efficaces, ils sont généralement construits sur le même principe : des cordes claquantes en guise d’introduction, l’arrivée de percussions acoustiques alambiquées, quelques glissements torturés et puis on enchaîne éventuellement avec quelques bruitages abstraits en guise de transition avec le morceau suivant. Ce systématisme favorise une impression de répétition et au bout de 40-45mn, après un autre titre extrêmement dansant, on se dira que ce serait parfait si le concert s’arrêtait là.
On aura encore droit à quelques titres qui nous amèneront à une petite heure de concert, un véritable enchainement que cet Oval 2011.

Fabrice ALLARD
le 16/10/2011

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