Compagnie Shonen : Kaiju

 chorégraphe

Eric Minh Cuong Castaing

 date

21/10/2011

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Eric Minh Cuong Castaing / Le 104

 liens

Le 104
Eric Minh Cuong Castaing

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On épluche la newsletter du 104, on découvre ce spectacle prévu vendredi, on n’avait rien de prévu ce jour là, il n’en faudra pas beaucoup plus pour se décider à prendre nos place. On ne connaissait ni la compagnie Shonen, ni le festival Temps d’Images qui se déroulaient initialement à la Ferme du Buisson et qui s’étendait pour cette dixième édition au 104.

L’idée du festival Temps d’Images est de présenter des œuvres qui sont au croisement des arts de la scène et de l’image. Si l’on en reste à cette stricte définition, les quelques visuels que l’on avait aperçu sur le site du 104 avant de venir semblaient remplir parfaitement le cahier des charges, nous rappelant les travaux du collectif japonais Dumb Type. À propos de japonais, il ne faudra pas trop se fier au nom de la compagnie, fondée en 2007 par Eric Minh Cuong Castaing, né en Seine-Saint-Denis. On s’étonnera de le retrouver ici alors qu’en 2005 il enchantait le petit milieu du film d’animation avec La Migration Bigoudenn. Son travail sur l’image a évolué, se portant sur les nouvelles technologies et les possibilités de génération et interaction en temps réel.

La salle 400 se révèlera être fort bien remplie alors que le spectacle commence. C’est un peu la mode, les protagonistes prennent place sans crier gare, les lumières sont encore toutes allumées, le spectacle s’inscrit dans le réel, dans notre quotidien. L’un (Salomon Baneck-Asaro, danseur hip-hop) s’amuse avec sa parka tel un môme, le second semble jouer les opérateurs techniques, derrière son laptop. La mise en place est un peu longue et puis Salomon s’allonge, la scène baigne dans la pénombre, le danseur s’endort et le monde de la nuit, l’imaginaire, les rêves prennent le dessus. Les mouvements du danseur sont captés, analysés, transformés et le voila poursuivi par son ombre, une sorte d’encre numérique marque le sol, des graffitis prennent le relai, fantômes, monstres, habitations devenues vivantes.
Kaiju signifie bêtes mystérieuses et traite de notre rapport aux images devenues omniprésentes, de la culture pop aux mangas en passant par les super héros. Salomon joue avec eux lors d’une scène de mime, imitant scènes de batailles, vols de vaisseaux et explosions, puis il se confronte à eux. Le film plastique qui était au sol a été relevé, il s’agit maintenant d’un écran translucide dans lequel les danseurs viennent se jeter et se projeter. Salomon tombe le t-shirt, adopte la posture d’un boxeur et passe à l’attaque alors que sur l’écran apparaît le nom "Ali". Et puis on enchaîne avec R2D2, Optimus, Goldorak, Akira, Tetsuo, une accumulation de références que l’on trouvera un peu longue, mais lors de laquelle monde réel et fantasmé fusionnent. Parfois une rémanence apparait sur l’écran, par ailleurs c’est seulement le contour d’un danseur et puis le doute s’installe, l’impression que l’un d’eux a traversé l’écran, rejoignant ses héros.

Alternant scène à "grand spectacle" et épure minimaliste, Kaiju tantôt nous transporte, tantôt nous interroge. On notera avant tout des scènes vraiment fortes, entre dureté (bruitages violents, entre guerre et scène de combat tirée d’un film) et grâce (scène baignée de lumière, musique et chorégraphie évocatrice), avant de conclure par un jeu de lumières illuminant le fond de scène, un visage carrés aux deux yeux noirs, une bête mystérieuse...

Aperçu :

Prochaines représentations :
- 2 novembre 2011 : scène nationale de Cavaillon
- 2 décembre 2011 : au centre culturel des ortes de l’Essonne à Athis mons.
- 17 décembre 2011 : au Théâtre de l’Archipel à Perpignan.
- 2 et 3 mars 2012 : au 104
- 15 et 16 avril 2012 : au TAP scène nationale de Poitier, festival A corps

Fabrice ALLARD
le 23/10/2011

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