Until It Makes Sense

 date

du 15/10/2011 au 11/12/2011

 salle

Kadist Art Foundation,
Paris

 appréciation
 tags

Kadist Art Foundation / Mario García Torres / Matthew Buckingham / Matti Braun / Peter Friedl / Pratchaya Phinthong / Saâdane Afif

 liens

Kadist Art Foundation

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Saâdane Afif - Stalactites / round bar of wood (Portrait of Gilbert & George)
(courtesy Kadist Art Foundation)

Comme chaque automne depuis deux ans, la Fondation Kadist invite un commissaire à regrouper quelques œuvres de sa collection autour d’une thématique de son choix. Cette fois-ci, Jean-Marc Prévost a sélectionné huit créations opérant un lien avec une transformation temporelle, concept difficilement saisissable. Tout d’abord, certains artistes s’interrogent sur la notion de disparition, que celle-ci ait déjà eu lieu ou non. Ainsi, Pratchaya Phinthong a échangé 5 000 € contre des billets de dollars zimbabwéens, monnaie qui n’a plus cours aujourd’hui, et les a empilé soigneusement afin d’en garder trace. De même, Walid Raad tente de retrouver, dans différents supports (lettres, couvertures de livres) des couleurs, lignes et formes qui auraient disparu pendant les guerres libanaises et Saâdane Afif prolonge le travail du défunt André Cadere en recréant ses célèbres bâtons de bois ronds en plus petit format et façon stalactites.

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Peter Friedl - New Kurdish Flag
(courtesy Kadist Art Foundation)

Mais il est également possible de s’attacher à une disparition non encore réalisée, à l’image de Matthew Buckingham qui présente une photographie du Mont Rushmore en l’an 502 002 et sur lequel l’érosion a effacé les visages des Présidents états-uniens. Tout aussi effacé se trouve être le drapeau du Front de libération nationale du Kurdistan accroché par Pieter Friedl puisque l’Autrichien en a éclairci le rouge et ôté l’étoile centrale. Enfin, Matti Braun réalise une peinture minimale en utilisant la technique millénaire du batik (art utilisant de la cire chaude pour protéger les parties du tissu que l’on ne veut pas colorer), procédé qui pourrait bien ne plus être utilisé d’ici quelques années.

Disparues ou vouées à disparaître, les œuvres précédemment évoquées ont réussi à être fixées par les plasticiens. À l’inverse, Mario García Torres réalise une vidéo dans laquelle la phrase « Until It Makes Sense » ne cesse de bouger, vibrant et tremblant, la rendant, dans un mécanisme joliment tautologique, difficile à lire.

François Bousquet
le 17/11/2011

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