BBMix 2011 : Bardo Pond / The Skull Defekts / Agathe Max / Apes Did Ensemble

 date du concert

23/10/2011

 salle

Carré Bellefeuille,
Boulogne-Billancourt

 tags

Bardo Pond / Carré Bellefeuille

 liens

Bardo Pond

 dans la même rubrique
15/09/2016
Quentin Sirjacq
(Maison Rouge)
05/09/2016
Chris Watson
(Fondation Cartier)
24/08/2016
Spring.Fall.Sea
(Pop In)
14/07/2016
Concert-surprise
(Blockhaus DY10)

En arrivant au Carré Bellefeuille pour la soirée de clôture du festival BBMix 2011, on fut un peu surpris du peu d’affluence alors que la venue de Bardo Pond en tête d’affiche était annoncée comme un événement, le groupe n’étant plus venu en Île-de-France depuis dix ans et une première partie de Mogwai au Café de la Danse. Fort heureusement, le public arriva progressivement dans la salle boulonnaise pour constituer, en bout de soirée, une audience tout à fait convenable.

De toute façon, les retardataires ne ratèrent pas grand-chose avec la première prestation. Programmés en raison de leur participation à un tremplin rock, les franciliens d’Apes Did Ensemble poursuivent la volonté de mixer démarche slacker rock (cheveux fournis, intonations vocales proches du cri, accentuation des voyelles à l’états-unienne, breaks récurrents dans leurs morceaux) et composantes math-rock (batterie très présente, petits soli de guitare sur les notes aigues, interventions quasi-solo de la basse). Le souci, c’est qu’à courir deux lièvres à la fois, le quatuor n’en capture aucun et la demi-heure de concert finit même par être presque pénible.

Ensuite, place à Agathe Max, jeune femme armée de son seul violon et de pédales de sample. Ainsi qu’on pouvait l’imaginer, l’idée est de s’enregistrer en direct puis de combiner ces boucles avec des lignes de piano préalablement gravées ou d’autres nappes, afin de remplir complètement l’espace sonore. Passant du jeu à l’archet à une attaque en pizzicati de son instrument, la Française livra, avec cet instrumental unique de trente-cinq minutes, une prestation intéressante.

Un changement de plateau plus tard, et alors que la scène était plongée dans une quasi-pénombre, les Suédois de The Skull Defekts prirent possession de l’espace avec une longue intro pendant laquelle leur leader effectua quelques pas de danse. Musicalement, il faut s’imaginer de longs titres marqués par une batterie répétitive, des frappes métronomiques d’un autre musicien sur des jerricans vides et des guitare et basse au diapason ; l’ensemble formant quelque chose de très sombre, entre rock psychédélique et ambiance tribale. Plutôt pertinente sur un ou deux morceaux, la proposition eut du mal à convaincre sur la durée d’un concert, peinant en fait à se renouveler.

Enfin, peu après 22h30, Bardo Pond s’installa, Isobel Sollenberger étant évidemment à l’avant-scène tandis que ses comparses étaient répartis derrière elle (le batteur) ou à ses côtés (les deux guitaristes et le bassiste). Munie de son éternelle flûte traversière, la jeune femme parvenait, assez inexplicablement mais assez merveilleusement en même temps, à extraire sa voix et son instrument et à ne pas se retrouver noyée sous les frappes de fûts ou les murs sonores des trois autres partenaires. Comme sur disque, le phrasé d’Isobel s’apparenta à une sorte de mantra et ses esquisses de mouvements laissaient supposer le transport vers une forme de transe musicale.

Alternant ce post-rock habité avec deux ou trois morceaux plus proches de la ballade atmosphérique, dans lesquels le timbre féminin se faisait plus intelligible, les cinq musiciens surent, pour le coup, occuper idéalement le temps qui leur était imparti. Non contents de saturer leurs interventions, Clint Takeda à la basse et Michael Gibbons à la guitare n’hésitèrent pas à rapprocher leurs instruments de leurs amplis, afin d’effectuer un travail sur le feedback ou bien à solliciter leurs nombreuses pédales d’effets. En définitive, le groupe offrit soixante-quinze minutes de toute beauté, éclipsant sans difficulté aucune les petites interventions qui l’avaient précédé.

François Bousquet
le 25/10/2011

À lire également

Bardo Pond
Ticket Crystals
(ATP Recordings)