Alina Szapocznikow : La Sculpture dé-faite : 1955-1972

 date

du 10/09/2011 au 08/01/2012

 salle

Wiels,
Bruxelles

 appréciation
 tags

Alina Szapocznikow / Wiels

 liens

Wiels

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Cette année 2011 aura permis à Alina Szapocznikow de se voir conférer une nouvelle dimension : exposition dans une galerie parisienne, mise en avant dans le cadre du programme culturel international de la Présidence polonaise du Conseil européen et donc rétrospective voyageant aux États-Unis et en Europe. Pour notre continent, c’est au Wiels que cette monographie s’arrête et nous permet ainsi de mieux découvrir le travail de cette Polonaise décédée en 1973 suivant un accrochage classiquement chronologique réparti sur deux niveaux du centre d’art bruxellois.

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Vue de l’exposition

Si un certain classicisme nous accueille avec deux statues filiformes et allongées (Premier amour et Âge difficile), ce constat ne dure pas car l’artiste, dès le milieu des années 1950, va s’attacher à une déformation des corps. Qu’elle résulte de l’abstraction des visages, de l’éclatement des dimensions même quand elle moule son propre corps (Autoportret I) ou du mélange de composés organiques et de morceaux de métal rebuts de voitures, cette déformation génère une sensation de malaise certain, comme s’il fallait exorciser quelque chose. Assurément, l’histoire personnelle de Szapocznikow (rescapée des camps nazis avant de subir la domination stalinienne sur la Pologne) rejaillit ici sur son travail et compose une dimension quasi-mortifère. Cette dernière se trouve plus loin renforcée lorsque la plasticienne compose des sculptures combinant moulages de corps et mousse de polyuréthane noire.

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Petit Dessert I (Small Dessert I)
(courtesty The Estate of Alina Szapocznikow)

Dans ce contexte, même l’érotisme supposé des bustes illuminés de petites lampes intérieures, des seins éclatants ou de Caprice-Monstre disparaît au profit d’une ambiance plus macabre façon présentation de reliques mortuaires. Cette monstration iconique est ensuite poussée à l’extrême quand Alina Szapocznikow prend des photos de stars de cinéma qu’elle imprime sur des accumulations de résine de polyester (Souvenirs). Au-delà de cette série, très régulièrement chez la Polonaise, les morceaux de corps ne représentent plus métonymiquement les êtres humains dont ils sont issus mais s’avèrent uniquement utilitaristes. Ainsi en est-il de la série Céramiques (des petites têtes servant de vases), des Desserts (autre série où des bouts de corps sont présentés dans des coupes en verre), des Ventres-coussins ou des lames-bouches.

Cet aspect utilitariste quasi-déshumanisé arrive à son paroxysme en bout de parcours avec les différents Fétiches, ces parties de corps (sein, lèvres, bouche) disposés sur une petite estrade. Cependant, un avant sa mort prématurée, Szapocznikow réalise un moulage grandeur nature du corps de son fils. Présenté incliné, comme s’il tombait à la renverse et s’apparentant à un gisant, il démontre que l’artiste savait toujours se saisir d’un corps dans son entier et confirme en outre le caractère largement macabre de cette rétrospective.

Itinérance de l’exposition :
- du 5 février au 29 avril 2012 : Hammer Museum - Los Angeles
- du 19 mai au 5 août 2012 : Wexner Center for the Arts - Colombus
- du 7 octobre 2012 au 28 janvier 2013 : MoMA - New-York

François Bousquet
le 29/12/2011

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