VIOLET

 chorégraphe

Meg Stuart

 date

du 16/11/2011 au 19/11/2011

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou / Meg Stuart

 liens

Centre Pompidou

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Lors de la présentation de VIOLET l’été dernier à Avignon, des bouchons d’oreille étaient distribués au public à l’entrée. Le Centre Pompidou s’en dispense, préférant faire baisser l’intensité musicale du spectacle de Meg Stuart plutôt que de contraindre certains spectateurs à porter des protections auditives. Chorégraphie, VIOLET est donc indissociable de sa partie musicale puisque Brendan Dougherty la réalise en direct, tout au long du spectacle, installé qu’il est côté jardin, entouré de machines, laptop et batterie.

La créatrice états-unienne a voulu cette présence musicale indiscontinue afin de véritablement mettre en place un « trip » artistique aussi bien visuel que sonore. Sur le plan chorégraphique, les cinq interprètes sont présents sur le plateau du début à la fin, réalisant des mouvements de bras très vifs et répétitifs et jouant de manière importante sur l’aspect physique de leur performance, s’agitant et courant sur le plateau. Intervenant la plupart du temps chacun de leur côté, les gestes des danseurs se font néanmoins écho et certaines séquences se trouvent reprises à tour de rôle (respirations saccadées et mouvements de bassin allongés face contre terre, cassure de l’avant-bras debout face au public). Formant par moments des lignes qui se briseront ensuite, les cinq corps peuvent, plus encore, s’agglomérer pour n’en former plus qu’un, évoluant par tonneaux sur la scène.

Musicalement, Dougherty débute par la mise en place d’une texture électronique lointaine qui va aller crescendo jusqu’à saturation de l’espace sonore. Relayée par une batterie, tout d’abord assez déliée avant de gagner en présence, cette couche électronique vrombit et se sature, pour disparaître au milieu de VIOLET. Le temps d’une respiration, de quelques coups de mailloche sur le manche d’une guitare et le tout peut reprendre pour la dernière partie du spectacle. Avec le concours de ce volet instrumental, l’impression de « trip » se trouve particulièrement bien rendue, dans toutes ses acceptions : transe fiévreuse, proche du délire, des danseurs, impression que leur corps leur est comme extérieur, mais aussi léger hermétisme de ce comportement pour qui n’a rien pris et reste à l’écart de ce transport.

On pourra alors faire le choix de se concentrer sur la combinaison musique-lumières car Jan Maertens travaille ces dernières dans une approche voisine de l’installation, avec, tour à tour, projecteurs blancs en contre-plongée, mélange irisé ou éclairage cotonneux façon brouillard à la fin. En revanche, on s’interroge encore sur la profonde utilité de la scénographie de Janina Audick puisque Meg Stuart, toute affairée à la réalisation d’une chorégraphie dénuée de structure narrative, ne se sert quasiment jamais du grand miroir disposé en fond de scène.

François Bousquet
le 28/11/2011

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