4ème Bozar Night : The Herbaliser / Legowelt / Alden Tyrell

 date du concert

25/11/2011

 salle

Bozar,
Bruxelles

 tags

Alden Tyrell / Bozar / Legowelt / The Herbaliser

 liens

Legowelt
Bozar
Alden Tyrell
The Herbaliser

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C’est après avoir, profitant à nouveau du festival Autumn Falls, assisté à l’Ancienne Belgique à l’étonnante prestation de Matthew Herbert et ses comparses, qui nous ont expliqué en une forme de théâtre électro-campagnard un an de la vie d’un cochon - ils interprétaient le dernier opus One Pig, le mettant en scène depuis l’enclos jonché de paille jusqu’à la cuisson de bacon et saucisses en fond de scène... -, que nous rejoignons le Bozar. On commencera par profiter du libre accès nocturne aux trois expositions organisées dans le cadre d’Europalia Brésil (Brazil. Brasil : panorama d’histoire picturale ; Extremes : photos contemporaines ; Art in Brazil (1950-2011) : principalement sculptures, modules, installations, mais aussi tableaux ou photos jalonnant la seconde moitié du XXe siècle - des trois, c’est celle qui nous a le plus plu).

Relatif changement d’ambiance ensuite, on rejoint le Hall Horta - dans une configuration différente de celle du Bozar Electronic Weekend chroniqué dans ces pages - et on constate d’emblée (il est minuit) que le programme a une demi-heure de retard sur l’horaire prévu puisque The Herbaliser commence seulement. Le collectif londonien, très applaudi, a fait mouche et conquis le public avec un set d’1h20 très mellow jazz-funk (et pas du tout hip hop, par exemple, contrairement à ce qu’on peut parfois trouver sur disque). C’est sympathique, entraînant, mais un brin systématique avec une solide section de cuivres très souvent à l’avant-scène, qui se taille la part du lion dans un climat par ailleurs très groove. Nous sommes plus près de Mo’Wax que de Ninja Tune et, globalement, tout ceci évoque farouchement Red Snapper (ce qui, bien entendu, est un compliment). Set un peu longuet, mais le public en redemandait.

Pour notre part, c’étaient surtout les deux autres artistes qui nous avaient incité à faire le déplacement : Legowelt et Alden Tyrell, tous deux Néerlandais, l’un de La Haye et l’autre de Rotterdam. A vrai dire, nous attendions surtout le premier - dont les albums Vatos Locos (2009) et The Teac Life (2011) sont particulièrement recommandables - mais avons été davantage convaincu par le second. C’est que Danny Wolfers propose une techno très mélodique, clairement inspirée de l’âge d’or de Detroit, mais par trop linéaire. Il laisse s’installer des boucles certes percutantes mais trop longues, et n’insuffle pas suffisamment de vivacité et de variations dans un propos pourtant incontestablement pertinent. On aurait voulu souscrire pleinement à sa proposition, mais le fait est qu’on décroche (comme pas mal de gens semble-t-il, du reste), sans doute parce qu’il s’agit là d’un artiste qui est davantage à apprécier en écoute domestique.

Le salut viendra d’Alden Tyrell, peu prolifique (une dizaine de EP en autant d’années) et auteur d’un étonnant album, Times Like These (1999-2006) paru chez Clone en 2006 et qui marie avec bonheur techno et italo-disco (si, si ; il faut l’écouter pour s’en convaincre !). On est ici confronté à un son plus dur, orienté tech-house, qui prend sans peine possession de la salle et de ses occupants. On se surprendra à s’abandonner complètement à des excursions sonores qui ne nous laissent guère d’autre choix, et à savourer le plaisir d’une dérive musicale nocturne. C’est précis, soigné, solidement charpenté dancefloor mais finement ciselé sur le plan des boucles, accrocheuses et qui, ici, ne sont pas étirées en longueur, l’artiste - un black à dreadlocks classieux et rieur, de son vrai nom Martijn Hoogendijk - veillant à renouveler son propos et à surprendre constamment l’auditeur en alliant rythmiques imparables et patterns mélodiques de type funk-pop qui font mouche à tous les coups.

Le retard pris en début de nuit a conduit Alden Tyrell et, semble-t-il, Legowelt également à abréger leurs sets, la fin des hostilités étant prévue à 3h30 précises. On y aurait pourtant bien goûté plus longtemps, mais il eût fallu que ce soit plus tôt ; on se prend d’ailleurs à souhaiter que les futures programmations Bozar commencent avant minuit, d’autant qu’une heure de route nous attendait encore...

Gilles Genicot
le 29/11/2011

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