Tomonari Higaki

Mahoroba

(Motus / Abeille Musique)

 date de sortie

00/04/2011

 genre

Electronique

 style

Expérimental / Musique Concrète / Electroacoustique

 appréciation

 tags

Electroacoustique / Expérimental / Motus / Musique Concrète / Tomonari Higaki

 liens

Motus
Tomonari Higaki

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Motus est une structure parisienne bien connue des amateurs de musiques électroacoustiques et concrètes ou des habitués du festival Présences Électronique. On y croise notamment Denis Dufour et Christine Groult mais ce sont deux jeunes compositeurs qui sortaient leur premier album au printemps dernier dans la série Acousma du label. Le français Vincent Laubeuf d’une part, et le japonais Tomonari Higaki dont nous avons décidé de parler ici.

Mahoroba est le nom de l’une des 4 pièces qui composent l’album. Elles ont été écrites entre 2003 et 2006, et elles sont ici découpées en multiples pistes qui sont autant de mouvements, passages et interludes.
On commence par Chanson de la Femme Fantôme (2006), dédié à Steve Reich et inspiré d’un poème japonais. Le compositeur en fait ici sept lectures dont les titres suggèrent les différentes tonalités : Blues, Waltz, Serenade, March... On entre facilement dans l’univers du japonais, débutant par une ambient soyeuse à base de pulsations électroniques (Prélude), puis enchainant avec des ambiances mystérieuses, presque féériques (Ballade), un style alangui et de subtiles traitement vocaux (Blues), de lointaines mélodies de koto (Serenade) et des trompettes de fanfare militaire pour finir (March).
On lui rapprochera Arbre de Silence (2003) pour son approche théâtrale et la participation d’Elise Caron, comédienne, donnant vie à des textes variés, dont certains de Tomonari Higaki.

Arc-en-Ciel Nocturne est une pièce de 25mn qui commence par placer l’auditeur dans un transat par une nuit étoilée. Les pages d’un livre que l’on tourne, un briquet qu’on allume, des bruits de pas un peu plus tard (Qui Etes-Vous ?), gros coups de piano, porte qui claque puis ambiance de rue. Si l’on oscille sans cesse entre une impression de field recordings et de bruitages, Arc-en-Ciel Nocturne reste la pièce la plus cinématographique, la plus mélodique aussi grâce aux superbes vocalises de Trois Beaux Oiseaux Du Paradis.
On termine donc avec Mahoroba (2006), signifiant illusion, utopie en japonais, et dédié à Luc Ferrari. Une pièce toute en rebondissements, croisant souffles électroniques et gratouillis de contrebasse, vivacité des cordes et essoufflements d’accordéons ou mélodicas sur Marche Pesante A L’utopie.

Un très beau disque de musique concrète, dont les expérimentations savent se faire oublier au profit d’ambiances cinématographiques et d’une certaine poésie.

Fabrice ALLARD
le 20/12/2011