Festival du Film de Paris 2002

 date

du 01/04/2002 au 09/04/2002

 salle

Gaumont Marignan,
Paris

 tags

Gaumont Marignan

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Manifestation un peu clinquante (emplacement sur les Champs-Élysées, parrainage de nombreuses marques, présence de plusieurs vedettes prêtes à arpenter le tapis rouge), le Festival du Film de Paris peine néanmoins à trouver ses positionnement et public. Tant et si bien que la Mairie de Paris envisage d’y mettre fin pour créer un autre événement. Dans l’attente, la sélection de cette dix-septième édition fut l’occasion de quelques découvertes intéressantes.

Sous cet aspect, Tempête de Septembre (Eylül Firtinasi), film d’Atif Yilmaz s’attache à un petit garçon de 5 ans, arrêté par la police politique turque et qui retrouve alors sa mère en prison tandis que les policiers veulent savoir où est terré son père, activiste communiste. Agréable surprise que ce long-métrage dont le début laisse pourtant craindre le pire lorsque la mère tourne leur rétention en jeu (on pense alors, évidemment, à La Vie est Belle), sauf que le petit garçon ne se révèle pas dupe du subterfuge. Ensuite, l’enfant se trouve pris dans le politique, tiraillé entre son désir de ne pas contrarier ses parents et son envie d’être un enfant « normal » et le film évolue alors pour se concentrer sur la rencontre du regard enfantin et des réalités politiques.

Nouvelle réalisation de Marc Levin, Brooklyn Babylon se passe encore une fois à New-York pour un récit d’affrontements entre les communautés israélite et noire sur fond d’histoire d’amour entre une juive et un rappeur. Le film se montre intéressant sur la capacité à transcender sa condition sociale et son environnement familial, le tout balancé par des morceaux des Roots (le backing-band dudit rappeur). S’il est désavantagé par une symbolique parfois un peu trop marquée (Romeo & Juliette bien sûr, mais aussi les amours de la reine de Saba et du roi Salomon), on tint là un ensemble cohérent et bien joué.

En revanche, rien de passionnant dans Herdsmen du Chinois Chen Jianju, docu-fiction sur des bergers mongols. Malgré quelques belles scènes (près de la rivière notamment) ou des beaux paysages, l’ensemble s’avéra extrêmement ennuyeux, à classer entre les films animaliers, la nuit sur TF1, et le cinéma hiératique de l’Asie centrale.

Place ensuite au traditionnel film iranien de chaque grand festival. Le Secret de Baran (Baran) de Majio Majidi dérogea quelque peu à la règle : pas trop de grands espaces quasi désertiques et autres métaphores sur la condition de l’homme (ou de la femme). Ceci dit, cette histoire de rivalités sur un chantier entre travailleurs « légaux » iraniens et clandestins afghans pêcha trop par ses bons sentiments affichés.

Salué en début d’année, lors de sa présentation à Gérardmer, comme le renouveau du cinéma de genre espagnol, L’Échine du Diable (El Espinazo del diablo) raconte l’histoire d’un fantôme d’enfant hantant un orphelinat durant la guerre d’Espagne. Entre bons acteurs (Marisa Paredes, Eduardo Noriega notamment), scénario bien ficelé, intéressant mélange de baroque et de fantastique, le tout suit peut-être un peu trop les codes du genre (l’arrivée d’un nouvel enfant fait tout basculer, le bizuth va devenir un héros, la directrice aime platoniquement le docteur...). Toutefois, Guillermo Del Toro instille en creux un discours politique et contextualise son film (républicains convaincus de leur défaite future, exécution de membres des brigades internationales...) de telle sorte qu’il amène un second niveau de lecture salvateur.

À côté des compétitions et pour rester dans la même zone géographique, quelques inédits du cinéma espagnol contemporain furent projetés, à commencer par Bailame el Agua de Josecho San Mateo dans lequel un jeune couple va de galère en galère entre drogue, deal et prostitution. Bien qu’un rien complaisant par moments, le film pose parfois un regard juste et tendre sur ses personnages.

Même sentiment mitigé avec Lucia et le Sexe (Lucia y el Sexo) de Julio Medem puisque le film se fait assez, voire très énervant par moments (lorsque le réalisateur nous prend un peu pour des demeurés en soulignant qu’il fait un flash-back en passant en 16mm alors que tout le reste est en DV), qu’il se perd un peu en circonvolutions narratives et que Medem se regarde filmer sur la fin. En dépit de quelques moments pas si désagréables, l’ensemble ne fut pas vraiment convaincant et même les scènes érotiques ne sont pas franchement à la hauteur (bien qu’elles soient pourtant en nombre).

Rien à sauver pour un autre film ibère puisque Mes Chers Voisins (La Comunidad) d’Alex de la Iglesia se veut une sorte de grand guignol grand public : effusion d’hémoglobine, clins d’œil putassiers (Star Wars, la série des Scream, Tigre et Dragon, etc...), running gags éculés, inventivité minime (3 idées répétées pendant 1h50) et acteurs surjouant.

Dates de sortie :
-  Lucia et le Sexe : 3 avril 2002
-  L’Échine du Diable : 8 mai 2002
-  Mes Chers Voisins : 3 juillet 2002
-  Brooklyn Babylon : 28 avril 2004
-  Le Secret de Baran : 16 juin 2004

François Bousquet
le 14/04/2002

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