Hôtel Palestine

 auteur

Falk Richter

 metteur en scène

Jean-Claude Fall

 date

du 07/12/2011 au 17/12/2011

 salle

Théâtre des Quartiers d’Ivry,
Ivry-sur-Seine

 appréciation
 tags

Falk Richter / Théâtre des Quartiers d’Ivry

 liens

Théâtre des Quartiers d’Ivry

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S’emparer de l’actualité géo-politique pour la transporter sur un plateau de théâtre est indubitablement une démarche louable. Cependant, lorsqu’un dramaturge s’attache à un sujet comme les relations politico-médiatiques autour de l’intervention états-unienne en Irak après le 11-septembre, on s’attend à quelque chose de supplémentaire par rapport à ce que les nombreux films, documentaires ou ouvrages ont pu mettre au jour.

Ici, malheureusement, Falk Richter ne parvient que trop rarement à dépasser le cadre de ce qu’on l’on connaît déjà, en mettant en balance des interrogations bien connues : existence d’armes de destruction massive, connaissance par Donald Rumsfeld des sévices perpétrés dans la prison d’Abou Ghraib, présence d’actes de tortures à Guantanamo, influence de Dick Cheney sur l’attribution à Halliburton de plusieurs contrats d’armement… Située quasi-intégralement dans la salle de la presse de la Maison Blanche, la pièce met aux prises des joutes verbales entre les deux porte-paroles de George W. Bush et deux journalistes « de gauche ». Ces différents épisodes sont ainsi évoqués tandis que deux journalistes des grands networks servent ostensiblement la soupe à l’administration Bush.

Le souci, quand on se pique de réaliser un « pamphlet » (terme tiré du programme de salle) ou une forme de théâtre-documentaire, c’est que cela ne supporte pas l’à-peu-près. Quand il reste anecdotique (le comédien qui imite Jimi Hendrix jouant le Star-Spangled Banner le fait de la main droite), cela ne prête guère à conséquence ; en revanche, lorsque la chronologie est bousculée (la pièce commence en 2004, avance jusqu’en 2006, revient, repart de l’avant…), cela peut prêter à des incohérences. Ainsi, se retrouver dans la salle de presse avec les mêmes porte-paroles de W. Bush juste après des séquences d’images issues de la campagne du Tea Party pour les mid-terms de 2010 crée une confusion historique qui dessert évidemment le propos.

Placés devant ce mur d’images qui, entre chaque scène jouée, diffuse des extraits, forcément caricaturaux, des journaux de Fox News, les six comédiens font ce qu’ils peuvent entre ce texte pas toujours bien structuré et une direction d’acteurs qui les conduit à être en permanence face au public. Cette forme de prise à témoin des spectateurs peut également être considérée comme un élément supplémentaire dans la constitution d’une charge un peu lourde. Ce risque, forcément inhérent à ce type de proposition naturellement située « du bon côté du manche » (surtout quand, publiée en 2010, elle est écrite une fois que les masques sont tombés) n’est donc nullement écarté dans Hôtel Palestine.

Autres dates :
-  29 et 30 mars 2012 : Théâtre Sortie Ouest – Béziers

François Bousquet
le 16/12/2011

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