Terminal_a #1 : Mika Vainio / Thomas Köner / Sculpture / Kasper T. Toeplitz & Strom Varx / D.A.S

 date du concert

16/12/2011

 salle

Petit Bain,
Paris

 tags

Kasper T. Toeplitz / Mika Vainio / Pan Sonic / Petit Bain / Porter Ricks / Sculpture / Strom Varx / Thomas Köner

 liens

Pan Sonic
Mika Vainio
Porter Ricks
Kasper T. Toeplitz
Strom Varx
Petit Bain
Thomas Köner
Sculpture

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Ce n’est que fin novembre que l’on prenait connaissance de cette soirée, avec des noms comme Mika Vainio ou Thomas Köner susceptibles d’attirer un large public. C’était également pour nous l’occasion de se jeter dans le Petit Bain qui, avec la nouvelle programmation du Batofar, nous fait revenir sur les quais de Seine que nous avions un peu abandonné.

C’est une grosse soirée qui s’annonce puisque 5 lives sont prévus. On arrivera un peu en retard, et alors que l’on passe à la caisse, des basses assourdissantes s’échappent de la plateforme flottante. C’est D.A.S qui est déjà sur scène. Duo composé de Rko et Tzii, placé sur le côté de la scène, D.A.S assène une noise électronique, croisant vrombissements et sifflements assourdissants. Puissant et forcément captivant tellement cette musique envahit l’espace, ce set était agrémenté de visuels sans concessions. Pas de gros changements durant les 10mn que l’on verra, des lignes torturées, vibrant au rythme de la musique, hypnotique.

Le temps de se remettre de nos émotions, d’installer le matériel pour le prochain concert, et nous voici à 21h40 avec Kasper T. Toeplitz et Strom Varx, tous deux derrière leur pupitre sur lequel trône un laptop. Si Kasper Toeplitz oscille entre la noise et le silence, la configuration de ce soir (laptop et duo) ne laissait que peu de doute quant à la musique qui allait être jouée.
Début tout en douceur. Il s’agit de textures granuleuses mais le niveau sonore est bas dans un premier temps, puis augmente progressivement. Une fois le rythme de croisière atteint, chacun y va de ses variations de tonalité et de granularité. Aussi on s’oriente logiquement vers le bruitisme, avec un effet vibratoire donnant l’impression que tout tremble autour de nous. Sur la fin le son tend presque à l’épure, un peu plus clair, parsemé de souffles, lorgnant vers une ambient sombre et inquiétante.
Malheureusement on restera complètement en dehors de ce concert : on le trouvera horriblement long alors que l’on obtient un petit 26mn au compteur. On y décèlera rien de captivant, un plat pays en somme.

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Sculpture

22h30, l’heure de découvrir Sculpture, duo anglais que l’on trouvera complètement décalé par rapport à ce début de soirée. Là encore les projections jouent un rôle important, du coup le duo est placé sur le côté de la scène, avec Dan Hayhurst pour la musique et Reuben Sutherland pour les visuels réalisés en temps réel. Ce dernier place une caméra au dessus d’une platine vinyle et produit une sorte de rétro VJing en mixant et scratchant des matrices graphiques à l’esprit pop : formes souvent simples, couleurs en abondance.
Dan Hayhurst semblait quant à lui piocher des bandes magnétiques au hasard sur un pupitre, celles-ci lui servant de boucle sur lesquelles se superposaient basses et rythmiques. Là aussi un esprit pop bariolée empruntant aux plunderphonics qui intrigue dans un premier temps, mais qui ne tardera pas à convaincre le public, réceptif à cet approche ludique et à l’énergie que dégageait le duo. Ce n’est pas forcément le genre de musique que l’on écoutera chez nous, ou même que l’on écoute habituellement, mais on reconnaitra que ce concert réunissait tous les éléments contribuant à faire un concert réussi.

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Thomas Köner

À 23h30 c’est Thomas Köner qui prend le relai. Nous avions un vague souvenir d’un live de Porter Ricks il y a 10 ans au Batofar, concert qui nous avait déçu d’ailleurs, du coup on ne savait quoi attendre de cette prestation. En fait on sera conquis dès les premières minutes, avec une ambient envoutante, sombre et feutrée, plaquée sur des paysages urbains nocturnes. Quelques voix (samples d’annonces dans des lieux public japonais), une sirène, des grincements de freins, on se croirait dans une relecture de Blade Runner. Quelques notes se posent, douces, lentes et poétiques, esquissant des mélodies minimalistes et répétitives.
Petit à petit Thomas Köner se dirige lui aussi vers l’abstraction, oubliant les mélodies, se concentrant essentiellement sur des souffles lugubres, tandis qu’à l’écran on devine des silhouettes captées par caméra infrarouge. Comme pour boucler, superbe final croisant nappes et souffles, retour à la poésie et on reprend notre respiration.

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Mika Vainio

Dernière étape, et pas la moindre, Mika Vainio donc. Là également, on ne savait pas trop à quoi s’attendre puisque depuis 2008, on avait surtout vu le finlandais aux côtés d’Axel Dörner, Lucio Capece, Kevin Drumm ou Vladislav Delay, des formations au sein desquelles il reste plutôt discret.
Mais en solo, et pour le bonheur de tous visiblement, c’est bien cette électro brute et aride qu’il nous délivre ce soir. On note que la sobriété est de mise puisque Mika Vainio n’est pas accompagné des fameux visuels d’ondes sonores auxquels nous étions habitué. Rien que la musique donc, mêlant coups sourds et basses saturées, alternant entre abstraction et tempo plus régulier, changeant juste de direction avant d’être trop facilement dansant. Le regard rivé sur ses machines, le finlandais reste imperturbable, et lorsqu’il achève son set sous un tonnerre d’applaudissements, il quitte la scène sans laisser échapper la moindre émotion. Beauté glaciale.

Fabrice ALLARD
le 19/12/2011

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