Yayoi Kusama

 date

du 10/10/2011 au 09/01/2012

 salle

Centre Pompidou,
Paris

 appréciation
 tags

Centre Pompidou / Yayoi Kusama

 liens

Centre Pompidou

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Afin de revenir sur l’intégralité de son parcours artistique, au-delà des installations de gros pois qu’on avait, par exemple, vues il y a quatre ans au Wiels, le Centre Pompidou a décidé d’organiser une rétrospective de l’œuvre de Yayoi Kusama. Avec son accrochage chronologique, l’exposition aspire donc à démontrer la variété des formes et styles pratiqués par la Japonaise.

Au vu de cette monographie, ce qui frappe, c’est la capacité de Kusama à s’inscrire dans son environnement : passée de Tokyo à New-York, avant de revenir dans la capitale nippone, la créatrice a su, à chaque fois, s’immerger dans le pays considéré pour y accompagner, voire y précéder d’autres démarches et courants. Ainsi, dans les années 1950, au Japon, elle était encore très marquée par ses cours à l’École des arts, avec des dessins qui ont pour seul intérêt de faire émerger le point comme motif central. Quand elle se réinstalla à Tokyo en 1973, elle porta encore les stigmates d’Hiroshima et son travail fut alors empreint d’une part sombre indéniable, malgré la permanence des pois (Black Flower). Après des décès de proches et une tentative de suicide, elle demande à être internée dans une institution psychiatrique.

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Black And Black
(courtesy Centre Pompidou)

Entre temps, elle avait donc passé une quinzaine d’années à New-York où, au contact des grandes figures de l’époque, parfois même en les devançant, elle se fit plus radicale et performative. Ainsi approcha-t-elle la sérialité (avec ses Accumulations qui frisent toutefois un peu la provocation facile avec ces phallus en tissus hérissés sur des objets du quotidien), la répétition (cette forme de pointillisme qu’elle pouvait même dérouler sur une toile de 10 mètres de long), le travail sur la matière (Black And Black), le minimalisme et les monochromes (en passant du blanc au noir, puis jaune ou rouge) mais aussi le Body Art. À ce titre, l’exposition propose des vidéos retraçant quelques-unes de ses performances qui, à l’époque ont assurément frappé les esprits mais qui, aujourd’hui, peuvent paraître démonstratives.

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Anatomic Explosion-Anti-War Happening
(courtesy Centre Pompidou)

Dans les années 1980 et 1990, les formats s’agrandirent et se resserrèrent autour de peintures et sculptures qui se font régulièrement écho. Sous cet aspect, le caractère ondulatoire de certaines toiles (Revived Soul), ou plus pop d’autres, dialogue ouvertement avec les sculptures de formes textiles, les mini-tentacules (Anatomic Explosion-Anti-War Happening) et son obsession des pois. Néanmoins, la débauche d’effets hallucinatoires s’avère peu opérante dans les toutes dernières productions de Kusama, quand elle vire au système avec des peintures mêlant formes globulaires ou florales, yeux et volutes qui, dans l’ensemble, versent dans le trop-plein.

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Infinity Mirror Room (Filled with the Brillance of Life)
(courtesy Centre Pompidou)

Pour servir cette œuvre foisonnante et inégale, la commissaire Chantal Béret a donc opté pour un accrochage assez classique et une mise en espace qui n’est pas exempte de quelques défauts. En effet, la Galerie Sud n’est peut-être pas assez vaste pour embrasser tout ce parcours, la scénographie est conçue de telle sorte qu’on voit la sortie (et donc les dernières peintures) dès le début, allant à l’encontre de l’aspect chronologique de l’ensemble et, surtout, les deux salles à installation se révèlent être trop réduites. Bien que produisant sans peine leur effet, ces deux espaces (le premier avec des ballons roses tachetés de pois noirs et des miroirs, le second avec des miroirs aussi et plein de petites ampoules façon lucioles ou constellation) auraient de toute évidence gagné à plus d’ampleur, de manière à éviter l’effet d’entonnoir en cas d’affluence et à permettre une immersion encore plus importante du spectateur.

Itinérance de l’exposition :
-  du 9 février au 5 juin 2012 : Tate Modern - Londres
-  du 12 juillet au 30 septembre 2012 : Whitney Museum of American Art - New-York

François Bousquet
le 07/01/2012

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