The Ebertbrothers

Susten Pass

(Mindwaves Music / Import)

 date de sortie

20/05/2011

 genre

Electronique

 style

Ambient / Electronica / Expérimental / IDM

 appréciation

 écouter

9 titres complets (Soundcloud)

 tags

Ambient / Electronica / Expérimental / IDM / Mindwaves Music / The Ebertbrothers

 liens

Mindwaves Music
The Ebertbrothers

 autres disques récents
Resina
s/t
(130701)
Altars Altars
Small Hours
(Home Normal)
Monty Adkins
Unfurling Streams
(Crónica Electronica)
Dakota Suite | Vampillia
The Sea Is Never Full
(Karaoke Kalk)

Le premier est né en France, le second en Allemagne. 35 ans de moyenne, Axel et Michael Ebert ont étudié les arts graphiques, le design, et sont a priori plus connus pour leurs travaux en tant que vidéastes et plasticiens que pour leur musique. Après un premier essai autoproduit en 2008 (Alpin), ils signent sur le label Berlinois Mindwaves Music (7 références au catalogue depuis 2008) que l’on découvre pour l’occasion.

On trouvera le travail des deux frères plutôt atypique. Étrangement, de nombreux éléments connus semblent baliser une trajectoire qui, au fil des 19 pistes (pour une durée totale de 1h15) se révèle être assez tortueuse. Le disque s’ouvre sur un Cave Diving Tonight que l’on qualifiera d’electronica gentiment barrée. Des mélodies certes minimalistes mais bien présentes, une avalanche de basses et bruitages rythmiques qui partent un peu dans tous les sens, et quelques glissements sonores un peu plus aériens pour finir.
Changement complet de registre ensuite avec Risc Assembler qui emprunte très largement au dub électro façon Pole ou Deadbeat tout en intégrant des boites à rythmes rétros et quelques sonorités acidulées. Troisième titre, un interlude ambient, arythmique, avec un son proche d’une guitare jouée à l’envers.

Il est donc difficile de cerner le travail de The Ebertbrothers. Susten Pass est un album dont on a du mal à suivre le fil conducteur, mais petit à petit des éléments se révèlent être récurrents. Les deux frères axent leur travail sur les rythmiques, souvent chaotiques, imprévisibles, composées à partir d’une multitude de sonorités et bruitages triturés. On est loin du déluge incisif d’Autechre. Le duo opte pour des sonorités plus chaleureuses, un tempo plus posé.
L’autre caractéristique que l’on notera, c’est leur quasi refus des mélodies. Vraisemblablement plus intéressés par les sons que par la composition (au sens d’assemblage de notes), The Ebertbrothers restent bien souvent dans l’évocation. Certes, on trouve quelques mélodies, mais elles paraissent bancales, laissées à l’état d’ébauches, abstraites au point de faire penser aux expérimentations du GRM des années 70 sur For Joe Papa. Cette volonté d’abstraction, d’évocation, donne à l’album une ambiance futuriste, mystérieuse et impalpable.

Et puis au milieu de cet ensemble sombre et chaotique, quelques pièces viennent nous titiller l’oreille et rompre avec cette image que le duo semble s’appliquer à forger. Des interludes intrigants, cinématographiques ou arythmiques de toute beauté (Sel, Cowboy), une electronica rétro et féérique parfois (A Perfect Fairytale), minimale et implacable par ailleurs (Chrono, Susten Pass).

Il n’en reste pas moins que Susten Pass est un album étonnant, avec une electronica baroque, expérimentale parce que décalée. L’album aurait toutefois gagné à être raccourci en évitant quelques titres qui font un peu trop diversion.

En vidéo teaser, un extrait de Cowboy, petit bijou minimaliste :

Fabrice ALLARD
le 24/01/2012