Festival du Film de Paris 2001

 date

du 27/03/2001 au 03/04/2001

 salle

Gaumont Marignan,
Paris

 tags

Gaumont Marignan

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Avec sa compétition officielle réduite (neuf films, que des premiers ou seconds longs-métrages), le Festival du Film de Paris essaye de se trouver une identité que la structure même de la manifestation peine à dégager. Comme souvent dans pareil cas, le festival fait le choix d’une certaine sécurité en récupérant des longs-métrages ayant déjà fait leurs preuves sous d’autres cieux.

Ainsi en est-il de Thomas est amoureux, bardé de prix (Venise, Angers, Montréal, Gérardmer), mais pas beaucoup vu en Belgique, ce qui attristait pas mal le réalisateur présent à la projection. Dans ce film de Pierre-Paul Renders, Thomas a une trentaine d’années et souffre d’agoraphobie depuis huit ans, restant délibérément enfermé chez lui avec pour seul contact avec l’extérieur, son écran d’ordinateur. Poussant le principe de la caméra subjective tout du long, le film ne montre jamais le Thomas en question, mais uniquement son écran. Très drôle, bien écrit, pas réellement de mise en scène excepté la mise en perspective des différents personnages communiquant avec Thomas, le film se veut également être une allégorie sur l’incapacité de notre société à communiquer, malgré les nombreux et divers moyens mis à notre disposition, ainsi que sur l’enfermement physique et moral. Alors qu’on pourrait taxer le scénario de suiviste ou branché (internet, visio-conférence, etc...), le fait d’apprendre qu’il a été écrit il y a plus de cinq ans, lui permet d’apparaître davantage comme une « vision prémonitoire ».

Toujours dans l’espace francophone, Renaud Cohen s’intéresse à Simon (Mathieu Demy), la trentaine, issu d’une famille de juifs séfarades, qui partage sa vie entre son métier de journaliste à Tabac Magazine, sa copine avec qui il n’arrive pas à avoir d’enfant et ses amis. Côté famille, il a quelques comptes à régler avec son père psy, mais il prend surtout soin de sa grand-mère qui perd la tête et rend la vie impossible à son entourage. La rencontre avec Claire, sa jeune voisine enceinte et délaissée par son mari, va alors marquer un tournant décisif dans la vie de Simon. Comédie bien dans l’air du temps, agréable, fraîche, quasiment aussitôt oubliée à la sortie de la salle, mais qui permet de passer un bon moment, Quand on sera grand ferait presque penser à Comment je me suis disputé... en version pied-noir et davantage grand public.

Autre film français, Sur quel pied danser ? appartient à la collection initiée par Jacques Fansten pour Arte (cette série « Petites Caméras »). Tourné en DV, le long-métrage tourne autour de Jeanne, 35 ans, qui recueille Julien, SDF de 15 ans, et s’occupe de lui malgré ses réticences au début. Malheureusement, le tournage en vidéo n’apporte quasiment rien, à part une volonté de « faire DV » (le côté proche de la rue, quasi-documentaire...). Dominique Blanc, dans le rôle de Jeanne, se complaît un peu trop dans son rôle habituel de jeune femme sans repères, un peu paumée, et le film tombe dans une démagogie et une culpabilisation forts désagréables.

Après le très remarqué Fucking Åmål, Together est une bien sympathique histoire d’une communauté hippie en 1975 à Stockholm dans laquelle les gens vont et viennent dans la maison, les couples se font et se défont, le tout sur fond de lutte politique et ouvrière. Dans cette réalisation de Lukas Moodysson, on rit beaucoup (quand, par exemple, les enfants des communautaires qui ne doivent pas avoir plus de 10 ans et jouent à la torture : « avoue que tu aimes Pinochet, avoue... », « allez, maintenant, c’est mon tour de faire Pinochet ») même s’il se fait parfois un peu trop didactique quand le film joue la solitude-pas-si-mal-que-ça contre la vie en communauté-pas-si-géniale-que-ça. Néanmoins, globalement, le côté bonne humeur et joyeux bordel l’emportent.

Denis Villeneuve avait réalisé Un 32 Août sur Terre sorti l’été dernier en France. Un film fort réussi laissant entrevoir un réalisateur talentueux. Avec Maelström, son second long métrage, il fait plus que confirmer notre première impression : mise en scène fabuleuse, réalisation impeccable, un film vraiment original avec une multitude de bonnes idées pour un résultat assez dingue où le spectateur se trouve un peu perdu par moment mais retombe toujours sur ses pieds.
Voix off du narrateur (qui est un poisson), texte en plein écran comme dans les films muets, esthétique de pub ou d’hôpital, image globalement froide avec une dominance de bleus. Des personnages toujours à la limite, dont l’héroïne qui ne se remet pas de son avortement puis d’avoir renversé un passant en voiture. Les thèmes sont donc la culpabilité et le deuil mais le réalisateur arrive toujours à traiter ces sujets en alternant sérieux et second degrés. A noter une fin surprise exceptionnellement bonne !!!

Pour terminer, détour en Corée du Sud avec Memento Mori. Amours, jalousies, surnaturel et fantômes dans un collège de jeunes filles en Corée puisque l’une d’elles trouve le journal intime écrit à quatre mains par deux autres qui s’aiment malgré les interdits. Flashes-backs, effets spéciaux, fantastique, mélange rêve/réalité se mettent alors au service d’une histoire un peu opaque au début mais dont on comprend tout au fur et à mesure. Pour servir leur propos, Kim Tae-yong et Min Kyu-dong offrent de superbes scènes (le baiser entre les deux jeunes filles dont l’une a la bouche en sang, le final avec orage, éclair et fantôme, etc...) et une idée de mise en scène (matérialiser ce que dit le journal intime) très bien concrétisée.

Dates de sortie :
-  Quand on sera grand : 25 avril 2001
-  Together : 13 juin 2001
-  Thomas est amoureux : 20 juin 2001
-  Maelström : 4 juillet 2001
-  Memento Mori : 8 mai 2002

Fabrice ALLARD, François Bousquet
le 11/04/2001

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