Violet / Rinus Van Alebeek / Julie Rousse

 date du concert

21/01/2012

 salle

KOBE,
Ivry-sur-Seine

 tags

Julie Rousse / KOBE / Rinus Van Alebeek / Trashvortex / Violet

 liens

Violet
Julie Rousse
Trashvortex
Rinus Van Alebeek

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Que ce soit en solo ou sous forme de collaboration (avec Alexei Borisov, Michael Gendreau, Andrey Kiritchenko, Kotra...), nous avons parlé à plusieurs reprises du travail de Jeff Surak (Violet), responsable du label Zeromoon. Nous étions donc plutôt enthousiaste à l’idée d’aller le découvrir en live à KOBE, une agréable petite salle d’Ivry/Seine dont la programmation est à rapprocher des Instants Chavirés. C’était pour nous un petit événement puisque c’est la première fois que Violet jouait en France. Malheureusement, très peu de monde avait fait le déplacement, choisissant peut-être d’autres lieux puisque des affiches similaires étaient présentées au bar Udo ou encore au Bouillon Belge.

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Rinus Van Alebeek

C’est à 21h30 que débute la soirée avec une première partie assurée par Rinus Van Alebeek, un habitué du label Zeromoon. Également écrivain et vidéaste, le néerlandais improvise à partir d’enregistrements réalisés lors de voyages. Field recordings lo-fi sur dictaphones et walkmans qu’il utilise tels quels sur scène. Trois ou quatre appareils sont éparpillés dans la salle, l’artiste passe de l’un à l’autre, les change de place, jouant avec l’espace.
Jugeant les éléments en place, son jeu sera plus axé sur le mixage d’enregistrements divers, croisant ambiance de rue et mélodie traditionnelle, jouant avec quelques effets, alternant entre bruitisme et poésie lorsqu’une mélodie de piano lointaine, d’un autre temps, finit par s’imposer. La manipulation des enregistrements, accélérations ou ralentissements apporte une certaine fragilité à cette musique, tandis que par ailleurs, à l’image d’un platiniste, Rinus Van Alebeek donne l’impression de scratcher avec ses bandes magnétiques.
On pensera assez souvent à Aki Onda, le spectacle en moins ce qui est un bon point. Globalement un très beau concert et une excellente découverte.

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Julie Rousse

À 22h30 c’est Julie Rousse qui prend le relai avec un dispositif plus classique puisqu’au laptop et dictaphone. On commence avec une excellente surprise puisque le son apparaît extrêmement électronique, là où l’on était plutôt habitué de la part de Julie Rousse à des traitements de field recordings. Ceux-ci ne tardent pas à arriver, entre bruitages mécaniques, grincements, ronronnements bref, tout un attirail évoquant des atmosphères industrielles, croisant parfois des ambiances de rue (voix, véhicules). On navigue donc dans un premier temps au sein d’une musique dark ambient concrète qui sera malheureusement perturbée par quelques soucis techniques qui donneront l’impression de tourner en rond pendant quelques instants.
Une fois le problème résolu, le ton se fait un peu plus dur : des bribes musicales, rythmiques notamment, calées sur des samples vocaux tirés d’une émission télé, drones envahissants et crissements nous font alors penser à un terrorisme sonore avant de revenir au calme sur une dernière partie : tonalités ambient sourdes, ronronnements et souffles ponctués de voix et rires d’enfants. Le set se termine comme il avait débuté, sur des tonalités électroniques épurées et on sortira de ce set plutôt conquis.

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Violet

C’est donc Violet qui clôturait la soirée, débutant son set peu de temps après Julie Rousse. Tout comme Rinus Van Alebeek, les concerts de Jeff Surak sont très largement improvisés, l’artiste américain utilisant en général les éléments qui sont à sa disposition. Il y a un piano à KOBE, et c’est donc là qu’il débute son set. Après avoir lancé une tonalité électronique linéaire, il passe au clavier dont il utilise principalement une pédale en faisant rebondir divers objets sur les cordes de l’instrument, créant des frétillements métalliques. Par le suite les machines s’en mêlent et l’américain produit alors une progressive montée de drones bruitistes aux ronronnements mécaniques.
Les drones sont d’ailleurs des éléments récurrents de ce concert, un peu plus tard produits par des e-bow sur une cithare (on pensera alors à Stephan Mathieu et son virginal), ils se poursuivront sur un magnifique final, puissant, enveloppant, quasiment bruitiste mais aussi clairement mélodique.

Une excellente soirée donc, et une salle que l’on essayera de fréquenter un peu plus souvent.

Fabrice ALLARD
le 28/01/2012

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