Nous avons les machines

 auteur

Les Chiens de Navarre

 metteur en scène

Jean-Christophe Meurisse

 date

08/02/2012 et 09/02/2012

 salle

Théâtre de Vanves,
Vanves

 appréciation
 tags

Les Chiens de Navarre / Théâtre de Vanves

 liens

Les Chiens de Navarre
Théâtre de Vanves

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C’est avec leur troisième spectacle que nous faisons la connaissance des Chiens de Navarre, l’une de ces compagnies créées ces dernières années, faisant la part belle à l’improvisation et à la création collective, dans un esprit foutraque et débridé. Avec Nous avons les machines, la dizaine de comédiens livrent cinq tableaux sans véritable lien entre eux ; par conséquent, comme on pouvait le redouter, une grande hétérogénéité s’en dégage, conduisant à un résultat inégal… voire très inégal. De fait, on passe de moments exaspérants à des passages hilarants et très réussis.

Parmi les premiers, citons le prologue, pénible suite d’alpagues du public, avec masques, coussins péteurs et pantalons ôtés. Mentionnons également les séquences d’action, complaisamment grand-guignolesques : « fuck ! » en interjection récurrente, hémoglobine à foison, chaise de bureau détruite à force de la frapper sur le plateau, nudité encore.

Au rang des seconds, on trouve les deux tableaux dans lesquels les comédiens sont assis, parodies de réunions de travail où associations et représentants d’une mairie se rencontrent pour mettre en place une manifestation festive. Prolégomènes infinis (« je suis particulièrement ravi que cette réunion puisse enfin se tenir ; il est en effet très important, à un moment, de pouvoir échanger de vive voix », « ce que je vous propose, c’est tout d’abord de faire un petit tour de table afin que chacun puisse se présenter »), auto-présentations ronflantes de chacun des participants, discussions stériles sur l’intitulé de la manifestation, fausse convivialité des échanges… tous ces symptômes de la « réunionite » sont caricaturés à l’extrême avec un vrai sens de la dérision.

Pour autant, ni dans les moments soi-disant subversifs (les martiens-zombies qui dévorent un homme nu, les instants gras voire scatologiques), ni dans ces petits pastiches, les Chiens de Navarre ne font montre d’un propos vraiment incisif. La dimension vaine des séquences performatives vient même tirer le tout vers un n’importe quoi improductif, même plus épate-bourgeois. Néanmoins, on rit franchement pendant une moitié du spectacle et ce n’est déjà pas rien.

Autres dates :
- du 06/04/2012 au 12/04/2012 : Théâtre de Gennevilliers

François Bousquet
le 12/02/2012

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