Keith Fullerton Whitman / Marcus Schmickler

 date du concert

17/02/2012

 salle

Instants Chavirés,
Montreuil

 tags

Hrvatski / Instants Chavirés / Keith Fullerton Whitman / Marcus Schmickler

 liens

Marcus Schmickler
Keith Fullerton Whitman
Instants Chavirés

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Aussi surprenant que cela puisse paraître compte tenu de sa prolificité et de la durée de sa carrière, Keith Fullerton Whitman ne s’était jamais encore produit en Île-de-France sous son nom propre en solo. Pour notre part, on se souvenait d’un concert de Hrvatski au Project101 en 2002 et de disques inégaux ; bref, suffisamment d’indices pour rallier des Instants Chavirés plutôt bien remplis en cette soirée non dénuée de concurrence.

Pour débuter la soirée, Marcus Schmickler prit place (encore un artiste non encore apprécié en solo), assis sur un tabouret de bar, installé derrière un petit laptop juste au pied de la scène. Le premier tiers de son set le vit déverser des couches de vrombissements, façon avion au décollage, mêlés à des bruits blancs filtrés, grésillements, souffles et divers procédés chargés d’emplir l’espace sonore. Alors que le volume dépassait déjà sans peine les 100 dB, la suite fut l’occasion de proposer des larsens et autres bruits perçants suraigus, souvent même dépourvus d’autres apports d’arrière-plan. On en vint même à imaginer que l’Allemand avait envie de tester la résistance du public, une bonne partie des spectateurs se bouchant les oreilles et certains quittant la petite salle, n’y tenant plus. Passé ce moment entre bravoure et bravade, Schmickler conclut sa grosse demi-heure de concert par d’autres expérimentations moins poussées.

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Keith Fullerton Whitman

Également posté en contrebas, Keith Fullerton Whitman était pour sa part debout derrière ses machines et proposa collages et bribes de notes dans un ensemble plutôt déstructuré, néanmoins marqué par quelques passages plus rythmés, limite pop. C’était donc cette veine là qui était privilégiée, et non le versant ambient de son travail ; pas forcément le choix qui a notre préférence, donc, mais un set qui forma, avec celui de Marcus Schmickler, un plateau tout à fait cohérent. Ramassé et direct, le concert de Keith Fullerton Whitman se termina assez rapidement, si bien que le public réclama un rappel qu’il obtint. Une fois celui-ci exécuté, les lumières de la salle restèrent basses et une petite vingtaine de spectateurs vint entourer le musicien, apparemment avides de comprendre le fonctionnement de ses machines. Se prêtant volontiers à cet exercice didactique, l’États-unien ne parut nullement surpris par cette démarche qui, pour notre part, nous laissa un peu circonspect. Sans aller jusqu’à le taxer de démagogie (surtout qu’il n’était pas à l’initiative de cet instant pédagogique), on regretta que Fullerton Whitman s’éloignât de ses instruments pour laisser tout un chacun s’en emparer et produire quelques sons. En effet, comment répondre ensuite aux reproches parfois faits aux électroniciens de se laisser commander par leurs machines si n’importe qui, en quelques minutes, peut ainsi s’improviser musicien et balancer trois boucles dans une salle de concert.

François Bousquet
le 21/02/2012

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