Monolake / Farben / Anstam

 date du concert

18/02/2012

 salle

Recyclart,
Bruxelles

 tags

Anstam / Farben / Monolake / Recyclart

 liens

Monolake
Recyclart

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Retour au Recyclart, cette salle bruxelloise installée dans l’ancienne gare de la Chapelle et dédiée aux expressions artistiques contemporaines et notamment électroniques, pour la première fois depuis longtemps - nous avons finalement manqué le plateau du 4 février dernier où surnageaient Kelpe et Funckarma, dont nous souhaitions parler dans ces pages -, à l’invitation du Goethe Institut Brüssel et de l’organisateur Meakusma. Alléché par la perspective du concert-événement de Monolake, nous pénétrons dans les lieux peu avant minuit. La salle est bien (trop) remplie, principalement par des clubbers assez quelconques, mais aussi par un nombre restreint d’amateurs plus calmes et attentifs.

C’est d’abord Farben que nos oreilles rencontrent. Projet de Jan Jelinek, qu’il semble avoir réactivé au fil de deux maxis récents après un hiatus de six ans, il tient lieu de havre plus dancefloor aux travaux du Berlinois. Avec son look d’intello discret, il a su charmer l’assistance avec un chapelet de morceaux bien construits, orientés jazz-house, même si les beats semblent un peu trop marqués et répétitifs. On navigue sur un terrain dub glitch assez avenant, quoique manquant un chouïa de fantaisie, alliant sonorités claires et sèches en arrière-fond et textures plus spongieuses en avant-plan. Le meilleur morceau viendra en milieu de set, longue excursion sur un tapis rythmique évoquant des roulements de train sautillants.

Monolake, star de l’affiche pour qui nous avions fait le déplacement, avait annoncé un "live surround" dans le noir complet. Ce fut le cas - mais on y voyait tout de même raisonnablement bien - et après un passage au bar, on s’est demandé quelques instants où donc se cachait Robert Henke. Il était en fait discrètement placé, derrière son laptop, dans un coin de la salle même. Et par "surround", on entendra plutôt quadriphonie, les enceintes encadrant l’espace central et permettant une réverbération constante des sons de l’Allemand, qui dialoguaient et se complétaient d’un coin à l’autre. Dispositif très convaincant en soi, n’était le côté tout de même un brin sourd et "écrasé" du son du Recyclart - ce qui nous mène à penser qu’il devient extrêmement difficile de trouver une salle au son vraiment impeccable... En tout état de cause, la qualité intrinsèque des sons de Monolake, elle, ne laissait pas à désirer.

C’est à un bien beau voyage que nous fûmes convié, même si nous pensions recevoir une pièce musicale unique d’une heure, pétrie de variations et d’évolutions, alors que le set fut plus classiquement découpé en morceaux bien distincts, lesquels au demeurant ne se valaient pas tous. Aux meilleurs moments, la magie opère : cette mixture si typique de martèlements métronomiques, de grincements, craquements et tintements, et de nappes intenses faites de roulements sur lesquels percent de subtiles notes claires s’avère, lorsque tous les éléments s’harmonisent parfaitement, franchement envoûtante. A l’aune du charme profond qui se dégage des travaux discographiques de Robert Henke (dont le dernier opus, Silence, comparé aux précédents, navigue en territoire assez atmosphérique), d’autres passages étaient cependant plus anodins. Pour tout dire, si le set était indubitablement percutant et jouissif, c’est une claque un peu plus marquante que nous espérions recevoir.

Retour sur la scène pour le troisième live act du soir, forcément Allemand lui aussi : Anstam est un nouveau venu qu’il faudra suivre sur la scène électronique, auteur l’an dernier d’un premier album très prometteur, Dispel Dances, après une poignée de maxis. Morceaux assez brefs, rythmiques hachurées et fragmentées - mais toujours impeccablement maîtrisées - et motifs pop par-dessus, par moments franchement mélodiques : on pense fort au fonds de commerce du label Planet µ. Le tout, construit avec talent, emporte l’adhésion ; le côté à la fois foisonnant, exubérant et très soigné des titres les rapproche quelque peu de la (soi-disant) scène post-dubstep (Scuba, Burial, Ital Tek...), même si ce n’est pas tout à fait de cela qu’il s’agit. Cette soirée nous aura donc permis de faire une jolie découverte, dont nous recommandons l’écoute de l’album, d’entendre enfin l’excellent Monolake en live et donc de reparler de lui par ici, après près de quatre ans.

Gilles Genicot
le 20/02/2012

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