Time Capsule

 date

du 14/01/2012 au 04/03/2012

 salle

Maison des Arts,
Malakoff

 appréciation
 tags

Anne Brégeaut / Audrey Martin / Maison des Arts / Marcel Duchamp / Pierre Bismuth

 liens

Maison des Arts

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Chino Otsuka - Imagine Finding Me (extrait)
(courtesy Maison des arts)

Technique héritée de la peinture médiévale, l’idée de disposer deux personnes, à deux stades différents de leur vie, dans la même image se trouve au centre de Time Capsule. Artifice invitant à s’interroger sur les notions de temps et de déplacement, ce procédé peut ainsi être recréé quasi-littéralement par Chino Otsuka dans sa série de photos Imagine Finding Me dans laquelle elle a effectué un collage lui permettant d’être, à vingt ans d’écart, sur le même tirage. Plus métaphorique, l’approche d’Anne Brégeaut lui permet, avec ces bougies agglomérées façon fagot de bois, de rassembler en un seul geste tous les anniversaires successifs.

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Audrey Martin - Générique
(courtesy Maison des arts)

Ce travail sur le temps et le décalage temporel peut également être mis en jeu par l’artiste lui-même, quand il officie en qualité de metteur en scène, au sens premier. Ainsi en est-il de John Smith dans sa vidéo The Girl Chewing-Gum où on entend sa voix diriger les gens à un carrefour de Londres, mais où on les voit réagir avec un temps d’écart, puisque, précisément, son et image ont été décalés. Assurément, notre perception est mise à l’épreuve ici, comme elle l’est avec la spirale hypnotique de Marcel Duchamp (le film Anémic Cinéma) ou le Générique de film d’Audrey Martin (mise à la verticale, peut-être un peu facile, du déroulé des crédits de fin, de telle sorte qu’on croit voir un électrocardiogramme).

Cette distorsion de la perception se trouve plus ludique et décalée chez Pierre Bismuth avec son film dans le film qui change en même temps que l’environnement change (à chaque nouveau plan du film mis en abyme, on se trouve dans un intérieur différent). De toute évidence, le temps a un effet auquel l’homme tente parfois de se soustraire comme lorsque Guido Van Der Werve place un personnage au Pôle Nord, sur l’exact axe de rotation de la Terre, pendant 24h. Le soleil tourne, les heures défilent mais la planète ne bouge pas et l’homme gagne, de la sorte, un jour de vie supplémentaire.

François Bousquet
le 28/02/2012

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