Nils Frahm / Grey Reverend / Sleepingdog

 date du concert

17/02/2012

 salle

Café de la Danse,
Paris

 tags

Café de la Danse / Nils Frahm / Sleepingdog

 liens

Café de la Danse
Nils Frahm
Sleepingdog

Superbe affiche cette semaine au Café de la Danse avec Nils Frahm que l’on ne présente plus, et Sleepingdog que l’on découvrait l’an dernier à l’Espace B. Nous n’avions par contre jamais entendu parler de Grey Reverend, que l’on s’attendait donc à voir en première partie.

Raté, puisque c’est Sleepingdog qui arrive sur scène, soit le projet de Chantal Acda, toujours accompagnée par Adam Wiltzie (Stars of the Lead, The Dead texan, A Winged Victory For The Sullen). Lui aux machines, elle au piano, ils débutent magnifiquement avec le délicat Polish Love Song alors que quelques retardataires prennent place dans la salle. La Belge passe tour à tour de la guitare au piano, avec lequel elle nous offre ses plus beaux titres puisqu’elle enchaîne avec Scary Movie, certainement notre chanson préférée qu’elle terminera a cappella.

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Nils Frahm et Chantal Acda

Retour à la guitare ensuite avec une petite surprise puisque le duo invite Nils Frahm à se joindre à eux. Un premier titre sur lequel il se contentera d’improviser un semblant de rythmique à base de grelots et tambourin, puis ils interprèteront He Loved to See the World Through His Camera à quatre main pour un final riche en émotions. Une magnifique première partie que l’on trouvera bien sûr trop courte, tout juste 30mn.

On poursuit donc avec Grey Reverend, de son vrai nom Larry D. Brown, originaire de Pennsylvanie, actuellement basé à Brooklyn. Seul sur le devant de la scène, assis sur un tabouret de bar, guitare sur les genoux, il délivre une musique folk, empruntant tour à tour à la country et au blues. Pas vraiment notre domaine de prédilection, ni le genre de musique que l’on aborde généralement sur ces pages, mais on lui reconnaitra un certain talent.

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Grey Reverend

En fait on se laisse facilement prendre par l’aspect dépouillé, à vif, de cette musique, par un artiste simple, authentique, qui communique avec le public, ponctuant ses mélodies en demi teinte de petites notes d’humour. 45mn que l’on trouvera donc très agréables, et un set bien mené, alternant entre une certaine gravité et des instrumentaux aux mélodies plus lumineuses.
Apparemment il fait son petit bonhomme de chemin, et il est régulièrement de passage par Paris, donc n’hésitez pas si vous êtes amateurs du genre.

Et puis ce fut le tour de Nils Frahm. Il commença par un petit discours, remerciant les gens de la Blogothèque pour une soirée de poche qui fut enregistrée en début d’année. Et puis il pris place au piano et commença par Said and Done, un titre joué lors de cette soirée de poche : une note répétée à l’infini, une mélodie qui s’en détache petit à petit et qui nous permet de retrouver ce que l’on connaissait de l’Allemand. Une musique qui fonctionne par vagues d’émotions, passant tour à tour de la tempête à une mer calme, tout en douceur et subtilités, une musique à la fois forte, puissante et d’une incroyable fragilité.
Ce sentiment est largement renforcé par la prestation du musicien. Rarement on aura vu un artiste autant habité par sa musique, jouant debout, sautillant sur son siège, tapant du pied à en faire trembler la scène avant de se recroqueviller sur son clavier.

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Nils Frahm

C’est la troisième fois que l’on voyait Nils Frahm sur scène et ce fut ce soir son concert le plus éclectique qu’il nous fut donné de voir. Flirtant avec le minimalisme, renouant bien sûr avec un néo-classicisme romantique, il nous surprendra en passant au synthé et piano Rhodes affublé d’écho, évoquant alors le krautrock électronique d’un Klaus Schulze ou Tangerine Dream.
Ce fut alors un tonnerre d’applaudissement et là, comme pour nous achever, il nous offre une relance au piano, acoustique, sans artifices, faisant preuve d’une incroyable virtuosité, sans que jamais la technique ne l’emporte sur l’émotion.

La suite ressemblera à une longue redescente. Avant de conclure, Nils Frahm invite le régisseur lumière à suivre l’évolution de son dernier morceau, en commençant dans l’obscurité totale pour finir comme si "le soleil brillait dans la salle". Et alors que le soleil s’éteint, nouveau tonnerre d’applaudissements et standing ovation. L’artiste salue et disparait.
Vous l’aurez compris, ce fut une soirée rare, le genre de concert que l’on ressortira en fin d’année à l’heure des tops, des listes et des bilans. Nils Frahm nous a offert ce soir un éventail complet de son œuvre, près d’1h30 d’un concert à l’énergie rock, brute, belle et sincère. L’énergie d’un artiste qui ne joue pas de la musique, mais qui la vit et la partage. Ce soir le public était en communion avec cet artiste.

On vous laisse faire des recherches, mais voici un point de départ qui devrait vous donner une idée de la prestation :

Fabrice Allard
le 06/03/2012

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