Alain Huck : Ancholia

 date

du 03/02/2012 au 15/04/2012

 salle

Centre Culturel Suisse,
Paris

 appréciation
 tags

Alain Huck / Centre Culturel Suisse

 liens

Centre Culturel Suisse

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Puisqu’il s’agit ici de sa première exposition personnelle dans une institution française, il est logique qu’on découvre Alain Huck avec cette présentation au Centre culturel suisse. Principalement dessinateur, le Suisse y propose non seulement des travaux au fusain ou à la mine de plomb, mais également des installations et vidéos pour que, dans ses créations, naisse fréquemment la volonté d’opérer sur le regard et le signifié.

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série Desdoneshadow
(courtesy Skopia Art Contemporain, Genève)

Le travail sur le regard trouve sa matérialisation avec la série de photos Desdoneshadow dans laquelle une ombre vient traverser des clichés représentant des intérieurs d’habitation : entre figure spectrale et mise en place d’une deuxième image en surimpression, le procédé interroge avec succès notre vision des épreuves. Même réussite dans l’installation Eden Eden Eden, ensemble d’agaves (ces plantes d’Amérique centrale aux larges feuilles) dont les feuilles sont gravées du mot « Eden ». Piquantes et scarifiées, ces feuilles se voient ainsi, dans un geste antiphrastique, marquées du nom du paradis biblique. Même jeu sur le signifié avec Mens/Songe, duo de petits dessins dans lesquels deux cerveaux sont remplis des mots « Mens » et « Songe », faisant de ces symboles de la connaissance et du langage le support de la contre-vérité.

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Vue de l’exposition
(courtesy Skopia Art Contemporain, Genève)

Le langage se trouve au cœur d’une vidéo où seule la bouche d’Alain Huck est filmée en gros plan, égrenant les noms de langage des animaux et les mettant, de ce fait, sur un pied d’égalité avec le phrasé humain. Néanmoins, le dispositif paraît un rien trop aride, à l’image de la grande salle, occupée par une sculpture en aluminium argenté, entre structuration de l’espace façon treille sans jardin, cabane décharnée ou lieu de retraite ouvert à tous les vents (Tentation). Par sa sécheresse, cette installation trouve naturellement sa place entre les quatre grands fusains, sombres et torturés, accrochés au mur de cette salle. Pour autant, l’ensemble demeure plutôt ascétique, voire insaisissable, pour qu’on en ressorte véritablement convaincu.

François Bousquet
le 02/04/2012

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