Vittorio Santoro : Le hibou tourne la tête pour regarder ailleurs

 date

du 06/03/2012 au 31/03/2012

 salle

Fondation d’entreprise Ricard,
Paris

 appréciation
 tags

Fondation d’entreprise Ricard / Vittorio Santoro

 liens

Fondation d’entreprise Ricard

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Croisé en cette même Fondation d’entreprise Ricard il y a trois ans, lors de l’exposition Phoenix vs Babel, dédiée aux créateurs installés à Berlin, Vittorio Santoro s’y retrouve à nouveau pour une monographie au titre joliment poétique. Comme souvent dans ce lieu, l’artiste opte pour un geste majoritairement conceptuel, dans des teintes entre beige et blanc, avec un caractère fortement allusif de ses installations.

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Opening Moves (Valuable Qualities of the Mind to be Acquires as to Become Habits)
(courtesy Rosascape et Galerie Jérôme Poggi)

Ainsi trouve-t-on des pièces dédiées, plus ou moins directement, à des auteurs (Fiodor Dostoïevski, Jeff Torrington), philosophes (Théodora Domenech), compositeurs (Jean-Sébastien Bach) ou hommes célèbres (Youri Gagarine, Alfred Dreyfus, le joueur d’échecs Alexandre Alekhine). La combinaison du bois, du verre, de l’acier et du papier crée alors des figures nécessitant la lecture attentive du programme de salle pour saisir le lien avec les personnages cités. Il en résulte une dimension peut-être un peu hermétique d’un ensemble qui ne s’appréhende pas forcément de manière évidente, compte tenu notamment de l’aridité du propos.

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F. Dostoyevski : C. and P., page 67 (Penguin Popular Classics), divided vertically, 2007/2011
(courtesy Galerie Campagne Première, Berlin)

Néanmoins, quelques agencements se font particulièrement probants, comme cette porte semi-ouverte coupée en deux dans sa longueur par une cloison (F. Dostoyevski : C. and P., page 67 (Penguin Popular Classics), divided vertically, 2007/2011) ou bien ce plan incliné en cuivre lui aussi traversé par un autre plan, horizontal cette fois-ci, en verre (Sans Titre (Gagarin III)). En revanche, certaines créations font montre de davantage de facilité (la sérialité convoquée de manière récurrente par l’Italien), voire de manipulation. À ce titre, Reciprocal Scrutiny (bordereau) gêne en nous présentant noirci le bordereau ayant servi à inculper le capitaine Dreyfus et dont on nous indique alors qu’il est censé refléter le texte en néon accroché en face ; en réalité, c’est simplement la vitre qui protège le document d’époque qui réalise cette action, venant mettre à bas le procédé artistique.

François Bousquet
le 23/03/2012

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