Perrine en Morceaux / Andrew Dymond

 date du concert

16/03/2011

 salle

Espace Jemmapes,
Paris

 tags

Andrew Dymond / Duracell / Espace Jemmapes / Perrine en Morceaux

 liens

Duracell
Espace Jemmapes
Perrine en Morceaux

 dans la même rubrique
15/09/2016
Quentin Sirjacq
(Maison Rouge)
05/09/2016
Chris Watson
(Fondation Cartier)
24/08/2016
Spring.Fall.Sea
(Pop In)
14/07/2016
Concert-surprise
(Blockhaus DY10)

Cela fait quelques temps que nous n’avions pas vu Perrine en Morceaux. Après une résidence de 10 jours en janvier à l’Espace Jemmapes, elle présentait un nouveau live que nous avons pu apprécier à deux reprises, dans des conditions très différentes entre l’International (le 11 mars) et l’Espace Jemmapes quelques jours plus tard.

Faire le déplacement quai de Jemmapes était aussi l’occasion de retrouver Andrew Dymond, un nom qui ne vous dis peut-être pas grand chose. Cet artiste français est en réalité plus connu pour avoir mené le projet Duracell avec lequel il interprétait à la batterie des musiques de jeux vidéos célèbres. C’est suite à des problèmes d’acouphènes que le projet est abandonné et qu’il se consacre pleinement à la mbira, un instrument proche de la kalimba, originaire du Zimbabwe.

JPEG - 44.1 ko
Andrew Dymond

Assis sur une chaise, l’instrument plaqué au fond d’une caisse de résonance dont le pourtour est parcouru de capsules métalliques, Andrew débute son concert avec quelques morceaux traditionnels aux sonorités typiques, métalliques, évoquant vaguement des gouttes de pluie. On aura la surprise de voir le Français utiliser son pied pour marquer la mesure, ajoutant une dimension rythmique assez importante, puisque captée par un micro.
Il alternera ensuite avec ses propres compositions qui, sur la forme, empruntent aux musiques actuelles, et notamment aux musiques de danse (house, techno) avec des jeux de boucles, répétitions et rythmiques binaires. Des morceaux plutôt efficaces et qui fonctionnent bien puisque pour le dernier titre, l’artiste demande au public quel type de morceaux il souhaite écouter. C’est l’approche contemporaine, musique actuelle aux sonorités traditionnelles qui l’emporte pour notre plus grand plaisir.
On sortira de ce concert en pensant assez logiquement à Thee, Stranded Horse, le projet de Yann Tambour (Encre), désormais entièrement consacré à la kora (instrument à corde africain).

Nous avons donc vu deux fois Perrine en Morceaux en l’espace de cinq jours. Nous allons parler ici de sa prestation à l’Espace Jemmapes que l’on comparera sur certains points avec son concert à l’International.

JPEG - 40 ko
Perrine en Morceaux

Grande scène plongée dans le noir, Perrine prend place derrière deux tables recouvertes de machines, une loupiote au dessus de la tête. On est tout de suite surpris par la finesse des sonorités électroniques abstraites qui servent d’introduction. Le son est clair, limpide, là où tout semblait n’être que chaos à l’International. Perrine est ici à l’aise, en confiance, alors que les problèmes techniques de l’International (pas de retour) la mettait en danger.
Le concert débute par un premier titre aux mélodies minimalistes, mettant du coup l’accent sur des textes qui ont toujours été très importants dans le travail de Perrine en Morceaux. Le contraste est alors énorme avec Anguish, le morceau suivant au son particulièrement dense. Une mélodie sortie d’une mbira, passée à la disto se révèle implacable, tandis que le chant, grave, profond se marie à merveille à l’ensemble.

Intermède musical afin d’appuyer nos propos :

Et puis on finit par prendre réellement conscience de l’évolution prise par Perrine. Le son est nettement plus brut, les rythmiques plus soutenue, voire technoïdes, sans que le chant ne soit délaissé. Autre point important, tous les morceaux s’enchaînent, quel que soit leur style, passant d’une électro-pop proche du spoken word à une électronique quasi industrielle.
Mais on aura l’impression au final que le cadre de l’Espace Jemmapes, avec un son clair, des éclairages impeccables, correspond moins bien à l’univers de Perrine en Morceaux que l’International, au style plus roots. Elle y délivra un concert nettement plus "punk", brut, à fleur de peau, au sein duquel on retrouvait quelques moments de grâce. Ce soir le concert était propre, nickel, presque rodé, et manquait un peu de relief.

Fabrice ALLARD
le 25/03/2012

À lire également

19/06/2009
Hervé Boghossian / Perrine
(Société de Curiosités)
12/12/2013
Mika Vainio / Perrine en
(Point Ephémère)
29/04/2016
Perrine en morceaux (...)
(Supersonic)
26/05/2006
Dérapages #1 : Radian (...)
(Café de la Danse)