Alberto Boccardi / Lafidki

 date du concert

26/03/2012

 salle

Cantine de Belleville,
Paris

 tags

Alberto Boccardi / Cantine de Belleville / Ocinatas Industries

 liens

Alberto Boccardi
Ocinatas Industries

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Initialement prévue au Bouillon Belge, la venue parisienne d’Alberto Boccardi avait changé de date et de lieu puisque le bar à bières semble rencontrer quelques difficultés ces jours-ci. Ce fut donc raccroché à un plateau monté par En veux-tu ? En v’là ! que l’Italien se produisit dans la cave de la Cantine de Belleville, grand bar situé sur le boulevard du même nom. L’affiche s’annonçait plutôt bruitiste dans sa seconde moitié, qu’on éluda, et plus électronique dans sa première.

Pour ouvrir les débats, Lafidki prit place derrière une table où étaient installés sampler, mini-table de mixage et autres machines. Proposant des sonorités plutôt poppy, croisées avec des rythmiques franches et entraînantes, de petites mélodies et une ambiance enlevée, le jeune homme livra une prestation honorable marquée en son milieu par une rupture de style. Alors que des pulsations plus sourdes et tribales se faisaient entendre, Lafidki se para d’un masque type créature monstrueuse amérindienne et se munit d’un gong qu’il frappa d’une mailloche. Passé cet intermède, la fin du set vit un retour aux inflexions plus sautillantes du début et permit sans peine d’hocher la tête en cadence.

En parallèle à la sortie de son premier album sur Fratto9 Under The Sky, Alberto Boccardi sillonnait donc l’Europe pendant une grosse semaine. Repéré sur le dernier Wire Tapper en date, l’Italien ne peut être raccroché à d’autres acteurs connus de la scène électro-acoustique expérimentale transalpine que par la présence au mastering de son disque de Giuseppe Ielasi. Musicalement, pourtant, on est globalement sur des terres voisines et sa prestation nous en convainquit. Commençant armé d’une guitare électrique, Boccardi y gratta des accords avant d’y adjoindre réverbération et delay de façon à emplir l’espace sonore, puis d’y ajouter quelques glitchs une fois l’instrument posé. La suite du concert ne le vit plus reprendre sa six-cordes mais livrer uniquement des éléments électroniques pour des plages ambient quelque fois très sourdes avec des basses rythmiques très appuyées, et quelque fois plus granuleuses.

Afin d’enrober le tout et apporter une couleur moins abrasive, des nappes de synthé pouvaient apparaître, comme la voix samplée de Cinzia Delorenzi sur Desolate Red Fingers. Au long de cette prestation tout à fait enthousiasmante, on releva également la capacité de l’Italien à passer, dans le même titre, de moments saturés et quasi-bruitistes à des instants où les accords résonnent pendant plusieurs secondes, tout juste parcourus de crépitements (Unexpected Places, We Saw). Bref, on tenait là une belle découverte, qui mérite assurément une prolongation discographique et qu’on ne manquera pas de suivre à l’avenir.

François Bousquet
le 27/03/2012

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