Présences Electronique 2012 - Deathprod / Martin Tetrault / Francesco Giomi / Arne Nordheim

 date du concert

30/03/2012

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Arne Nordheim / Christian Zanési / Deathprod / Festival Présences Electronique 2012 / Le 104 / Martin Tétreault

 liens

Arne Nordheim
Le 104
Deathprod
Festival Présences Electronique 2012

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Pour la huitième année consécutive, nous voici parti pour trois jours de musique avec le festival Présences Électronique. Depuis quatre ans celui-ci se tient au 104, et comme l’année dernière les concerts se déroulaient d’une part dans la salle 400 et d’autre part dans la Nef Curial pour les soirées.
En ce premier jour, nous avions zappé l’ouverture lors de laquelle se produisait Michel Chion. Nous débutions donc le festival avec la première soirée dans la Nef Curial.

La soirée s’ouvrait sur une pièce du compositeur norvégien Arne Nordheim (1931-2010) que nombreux connaissent aujourd’hui grâce à Nordheim Transformed, un album qui voyait Biosphere et Deathprod retravailler des pièces du Norvégien.
Pour ce premier concert c’est Christian Zanési qui était en charge de la projection sonore sur l’Acousmonium, système de spatialisation qui est la marque de fabrique de ce festival. C’est Warszawa qui est interprétée, une pièce de 1970 débutant par des field recordings captés à l’époque où Arne Nordheim composait dans les studio de la radio polonaise. Une pièce contrastée alternant entre le calme de ces enregistrements ambiants et de grosses déflagrations électroniques, glissements et ronronnements aux tonalités industrielles, denses bruitages et tonalités minimales proches du drone, parfois ponctué par quelques chants d’enfants.
Une belle introduction à la soirée avec une pièce extrêmement vivante.

Après cette courte introduction, on passe à Francesco Giomi, compositeur italien travaillant notamment pour la danse avec la compagnie Virgilio Sieni Danza. On se situe ici à mi chemin entre expérimentations abstraites et une approche plus sensible, à base de nappes ambient et mélodies facilement reconnaissables. Son set d’une quinzaine de minutes débuta notamment par quelques notes aux consonances "world", une sorte d’instrument à corde joué ici sur un petit clavier rouge. Suivent bruitages électroniques, raclements arides et montées de texture frétillante du plus bel effet qui se verra coupée nette. On trouvera alors facile et gratuite la succession de coupures et reprises sonores faussement bruitistes, avant de conclure sur d’amples nappes ambient.
En guide de conclusion, l’Italien terminait avec les quelques notes de cordes avec lesquelles il avait débuté, nous abandonnant avec l’impression d’avoir vu un grand enfant jouer avec ses machines, sans véritable fil conducteur, mais nous laissant tout de même une impression plutôt positive.

Les concerts s’enchaînent rapidement et on retrouve dans la foulée Martin Tétreault aux platines. Cela fait quelques années qu’on ne l’avait pas vu et plus encore qu’on ne l’avait pas vu en solo.
On distingue très mal le dispositif dont il joue ce soir, mais on devine qu’il s’agit de platines et machines. La musique du Canadien est ici en majeure partie composée de bruitages et erreurs issus des machines : grésillements, craquements, ronronnements et claquements dont la répétition, régulière, au rythme de rotation du plateau de ses platines, donne le tempo. Il en résulte une musique électronique minimale, aux consonances industrielles quand ce sont souffles vifs, chuintements et ronronnement de moteurs qui sont de la partie.
Par ailleurs si cette musique peut-être considérée comme difficile d’accès, son aspect mécanique, quasi rythmique, la rendait ce soir d’un abord plus facile qu’il n’y paraissait, créant par la même une excellente surprise.

Cette première soirée se clôturait avec un set de Deathprod, projet solo de Helge Sten, déjà présent l’an dernier à Présences Électronique en tant que membre de Supersilent.
On ne connaissait que vaguement son travail, en tant que membre de Supersilent donc, et pour sa collaboration avec Biosphere en hommage à Arne Nordheim. Si l’on savait a peu près à quoi s’attendre, on fut bluffé ce soir par la puissance de cette musique, finalement très ambient, diffusée à volume élevé. Difficile d’échapper au cliché facile consistant à parler de musique glacée, de souffle polaire, tant ces images que l’on se fait de ces contrées nordiques collent à merveille à cette musique. Le norvégien marie drones latents et souffles, puis il frôle la déflagration sonore quand ceux-ci semblent lui échapper. On sera plus surpris par ses rugissements d’orgues d’église, à la fois effrayants et captivants.
Helge Sten travaille sur le son plus que la composition. Chaque pièce est absolument sublime, mais on se demandera pourquoi chaque morceau, qui pouvait aussi bien durer 2mn que 10mn, était interrompu par 2-3 secondes de silence alors que cette musique se prête tellement bien à une immersion complète et ininterrompue. Malgré ce petit bémol cette conclusion reste notre meilleur moment de la soirée, avec notamment une reprise du Nordheim Transformed, bouclant avec le concert d’ouverture.

Fabrice ALLARD
le 09/04/2012

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