Autobiographies

 date

du 23/03/2012 au 20/05/2012

 salle

Espace culturel Louis Vuitton,
Paris

 appréciation
 tags

Ernesto Sartori / Espace culturel Louis Vuitton / On Kawara / Ryan Gander / Sol LeWitt

 liens

Espace culturel Louis Vuitton

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Avec son carton d’annonce au double liseré noir et son catalogue dans un blanc immaculé classieux, l’exposition Autobiographies affiche sa volonté de se situer dans une perspective littéraire, marquée par la ligne graphique de maisons d’édition quasi-centenaires. De fait, l’idée est ici de regrouper des artistes ayant commis des œuvres tournant autour de cette notion principalement développée dans le champ littéraire, que ces œuvres constituent la part centrale du travail des plasticiens ou un versant mineur de leur production.

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Ernesto Sartori - Deux Vaisseaux
(courtesy Galerie Marcelle Alix)

Comme on pouvait le redouter, certaines propositions se font trop littérales, à l’image des pièces de Franz Erhard Walther, roman dessiné retraçant sa propre vie, du 100 Years Calendar d’On Kawara, calendrier mural dont certains jours ont été pointés (que le Japonais ait peint le jour dit ou non) ou du film de Noëlle Pujol dans lequel un vieillard raconte, depuis son lit, l’histoire des parents de la vidéaste. Également peu probante, la sculpture d’Ernesto Sartori se montre trop naïve en voulant recréer une sorte de vaisseau spatial que l’Italien aurait aperçu dans la forêt quand il avait huit ans.

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Sol LeWitt - extrait d’Autobiography
(courtesy LeWitt Collection)

En revanche, quand l’autobiographie est envisagée de biais, les réalisations se font nettement plus pertinentes, comme cette série de photographies de Sol LeWitt capturant, dans le quotidien (grillage en croisillons, lattes de parquet), des motifs géométriques afin d’expliquer son goût pour ces figures comme matrice de son art plastique. De même, une dimension ironique peut être utilement convoquée par Ryan Gander qui a sollicité son ami Bedwyr Williams pour écrire respectivement leurs nécrologies et les publier dans de faux journaux. Un peu plus tragique, mais tout aussi distancié, Frédéric Pajak reprend certaines cases de L’Affaire Tournesol et en change les légendes afin de narrer la disparition de son père dans un accident de voiture.

Habilement, l’exposition offre aussi une incursion en bande dessinée avec la présentation de quarante-deux planches originales de L’Ascension du Haut-Mal de David B. et la présence, dans la salle de lecture, de certains ouvrages-phares de l’autofiction dessinée (Moi Je, Pilules Bleues, Persepolis). Pour autant, au-delà de cette cohabitation plutôt intéressante, l’ensemble de la présentation pensée par Erik Verhagen manque cruellement de point de vue et de parti pris. Au reste, son introduction au catalogue l’avouait en indiquant qu’ « en s’attachant à des productions qui relèvent des unes [les travaux intimement liées à la vie des artistes] et des autres [ceux qui prennent de la distance] catégories, l’exposition vise à démontrer que des œuvres de sensibilités et d’obédiences diversifiées, affiliées à des histoires et esthétiques complémentaires, peuvent témoigner d’un même enracinement dans la vie de leurs auteurs ». Autrement dit : tout est dans tout et réciproquement...

François Bousquet
le 07/05/2012

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