La Berlinale à Paris (2011-2012)

 date

du 12/04/2012 au 19/04/2012

 salle

Goethe Institut,
Paris

 tags

Goethe Institut

 liens

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Initiée en 2008, la reprise au Goethe Institut d’une partie des films montrés en février au Forum permet de mettre en lumière cette section parallèle de la Berlinale. Régulièrement présentée par la presse comme la plus inventive et la plus défricheuse, cette manifestation présente chaque année une quarantaine de longs-métrages dont sept étaient donc projetés à Paris, dans des conditions parfois précaires : sous-titrage français réalisé en direct par les équipes de l’Institut, diffusion en Blu-Ray donnant un son très compressé ou une image quasi-convexe. Pour autant, cette initiative s’avère tout à fait louable et nous permit de voir trois films plutôt corrects.

Derrière Our Homeland (Kazoku No Kuni), on imagine rapidement la part autobiographique, d’autant plus que Yang Yong-Hi avait déjà réalisé un documentaire sur un sujet similaire en partant de l’histoire de son beau-frère. Cette fois-ci, c’est Sonho qui est au centre de ce film narrant le retour à Tokyo d’un Nord-Coréen qui, après avoir vécu ses premières années au Japon, en était parti à seize ans afin de rallier sa terre véritable, pris dans le mirage de la propagande communiste. S’il revient, vingt-cinq après, c’est pour faire de analyses médicales et être opéré d’une tumeur au cerveau et en profite, du coup, pour habiter à nouveau dans sa famille. Sans surprise, cela nous donne droit à quelques scènes attendues : le décalage entre la famille vivant dans un pays ouvert et l’homme perclus de réflexes dus à la vie sous contrainte, la soirée avec la bande du lycée reformée ou les retrouvailles avec l’amour d’enfance qui en a épousé un autre. En fil rouge, se niche l’incompréhension de la sœur cadette face à ce frère qu’il faut réapprivoiser. Bien vite cependant, le surplomb politique (qui n’avait jamais complètement disparu avec cette figure du « camarade », œil de Pyongyang, omniprésent) refait surface et démontre que, quoiqu’il arrive, quel que soit l’environnement qu’on peut réactiver, il prendra toujours le dessus.

Pur produit Sundance (ses deux longs-métrages y ont été présentés), David Zellner ambitionne de se positionner entre white-trash et peinture du quart-monde périurbain avec cette Annie qui, sous sa blondeur et ses taches de rousseur, passe en vérité ses journées à commettre des petits actes de destruction : faire exploser des bananes à l’aide de pétards, tirer sur des vaches mortes avec un pistolet de paint-ball, défoncer un urinoir usagé à la batte de base-ball… Comme on est évidemment le produit de ses parents, on ne sera pas étonné que son père soit un amateur de stock-car et délaisse complètement la pré-adolescente. Quand celle-ci trouve un trou, apparemment habité, dans la forêt, elle se met à échafauder plusieurs hypothèses : présence du diable, moyen de chantage afin de s’offrir une échappatoire. Si la veine « sauvageonne » de Kid-Thing s’avère assez répétitive car plutôt convenue, cet aspect quasi-merveilleux ouvre des pistes plus étranges et apporte un contrepoint plus intéressant au film.

Avec La Demora, son troisième long-métrage, Rodrigo Plá continue sa tournée des sections parallèles des grands festivals puisque La Zona avait été montré aux Giornate degli autori vénitiennes en 2007 et Desierto Ardento à la Semaine de la critique cannoise en 2008. Le « retard » du titre, c’est celui de María selon Agustín ; la première est mère célibataire de trois enfants et doit s’occuper du second, son père frappé de sénilité que, par fatigue et usure, elle oublie volontairement sur un banc public alors qu’il croit qu’elle est juste partie faire des courses. Persuadée que les services sociaux vont le prendre en charge et le placer dans un centre d’hébergement, elle rentre chez elle soulagée, avant qu’inévitablement, le remords ne monte en elle. Sur un sujet d’une forte actualité, ressentie aussi bien en France qu’à Montevideo, donc, l’Uruguayen réalise un film plutôt équilibré, ne versant ni dans le pathos, ni dans la moralisation ou la mise en accusation de son héroïne.

Date de sortie :
- La Demora : 20 février 2013

François Bousquet
le 20/04/2012

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