Présences Electronique 2012 - Oren Ambarchi / HamaYôko / Hervé Birolini + François Donato / Philippe Carson

 date du concert

01/04/2012

 salle

Le 104,
Paris

 tags

Festival Présences Electronique 2012 / hamaYôko / Le 104 / Oren Ambarchi

 liens

Oren Ambarchi
Le 104
hamaYôko
Festival Présences Electronique 2012

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Dernière ligne droite avec cette soirée de clôture qui serait pour nous l’occasion de revoir HamaYôko que nous avions adoré lors d’un concert à La Java en 2010, et Oren Ambarchi que l’on a par contre l’impression de voir un peu trop souvent depuis un an.

La soirée débutait avec Philippe Carson, compositeur français issu du GRM, mais dont la carrière fut écourtée par la maladie. La principale caractéristique de son travail est d’utiliser des sonorités quasiment intactes, presque pas manipulées, faisant uniquement l’objet de collages. La pièce interprétée ce soir était Turmac, intégralement construite à partir de sons enregistrés dans une usine. Il s’agit donc d’une musique concrète industrielle, mettant en avant tour à tour textures sourdes, frétillement régulier de machines jouant le rôle de rythmiques, alarmes, souffles et entre-chocs.
Un concert qui était l’occasion de faire découvrir ce compositeur méconnu, que l’on verra après ce concert comme un précurseur des musiques industrielles.

En raison d’un petit changement de programme de dernière minute, c’est HamaYôko qui prend le relai, seule derrière son pupitre avec clavier et micro puisque comme chez AGF la veille, la voix a une certaine importance dans le travail de la japonaise. On est d’abord surpris par la tonalité de la musique, extrêmement dépouillée, brute et répétitive, certains sons venant tout juste encadrer, ponctuer la voix. Celle-ci pourra paraitre étrange, voire insupportable pour certains. HamaYôko ne chante pas et ses propos ne sont pas vraiment à classer dans le spoken word. On est ici assez proche du théâtre, croisant cris, vocalises monstrueuses et rires, nous faisant parfois penser à la bande son d’un cabaret baroque.
On préfèrera l’atmosphère plus apaisé du troisième morceau, alliant minimalisme musical et vocalises un peu moins dérangées, ou le final en forme de feu d’artifice à base de flash et ondes radios. On sortira toutefois de là un peu déçu, bloquant encore sur l’utilisation de la voix, et regrettant le cadre intimiste de La Java, plus adapté à la musique d’HamaYôko.

C’est parce que leur dispositif nécessitait une certaine obscurité que Hervé Birolini et François Donato jouaient finalement après HamaYôko. Au dessus de leur tête, une structure métallique, une grille affublée d’une multitude de diodes illustre au plus près le titre de leur pièce, Arrays, tandis que son emplacement symbolise un nuage, le fameux "cloud", nouvel eldorado de l’industrie informatique.
En fait tout cela nous paraitra anecdotique et on se concentrera plutôt sur la musique. Le concert débute par de gros vrombissements, tempo lourd et souffles numériques, une ambiance indus avec deux artistes qui se font fasse, nous rappelant le concert de Mimetic et Von Magnet en 2009. Heureusement, par la suite le jeu du duo est plus subtile, plus abstrait aussi, sans pour autant échapper à quelques clichés : utilisation de voix issues de machines, attitude un peu trop théâtrale des deux musiciens. Après un passage un peu plus apaisé en milieu de concert, Hervé Birolini et François Donato concluent avec un retour des machines au premier plan, celles-ci prenant le pouvoir sous forme de bruitages concassés.
Mais après le concert un seul mot nous viendra aux lèvres : "Et ?"

Pour finir, Oren Ambarchi. Je crois que l’on va passer très vite dessus, le dispositif étant exactement le même qu’au Collège des Bernardins il y a un an ou qu’au Batofar à l’automne dernier. Une table recouverte de pédales d’effet, une guitare sur les genoux, l’Australien débute avec de lentes notes, une atmosphère pesante. Il donne l’impression de jouer quelques sons, de les laisser s’échapper, tournoyer, puis d’en lancer de nouveaux afin de voir comment ils vont s’agencer, se répondre, comment les fréquences vont se combiner.
Et puis au bout d’une douzaine de minutes l’artiste obtient une sorte de boucle, rock, aride et mélodique qu’il va s’appliquer à maintenir pendant tout le reste de son set, soit encore une douzaine de minutes. Un set peut-être un peu moins porté sur les drones que d’accoutumée, plus linéaire dans sa progression, mais dans la lignée de ses précédents concerts parisiens.

Fabrice ALLARD
le 22/04/2012

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