Fake Series #1 - Holy Strays / Umberto / Ensemble Economique

 date du concert

09/04/2012

 salle

Espace B,
Paris

 tags

Ensemble Economique / Espace B / Holy Strays / Umberto

 liens

Espace B
Umberto
Holy Strays
Ensemble Economique

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On avait beaucoup aimé le concert d’Umberto l’an passé lors du festival des Siestes Électronique, une raison suffisante pour retourner le voir ce soir à l’Espace B, et d’en profiter pour découvrir Ensemble Économique et Holy Strays sur scène lors de la première soirée d’un festival organisé par le webzine Hartzine. Cette première date était entièrement consacrée au label Not Not Fun qui fait de plus en plus parler de lui, avec notamment des artistes tels que Maria Minerva, High Wolf, Pocahaunted ou encore Sun Araw.

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Holy Strays

On n’avait jamais entendu parler de Holy Strays, projet d’un jeune parisien qui ouvrait cette première soirée. Seul sur scène derrière son clavier et quelques pédales d’effet, on remarque tout de suite une certaine répétition dans ses premiers morceaux. La rythmique tourne toute seul tandis qu’il plaque quelques accords, ce qui apparait d’abord comme simple et efficace apparaitra plutôt comme efficace et simpliste au bout de quelques titres.
On notera l’extrême cohérence de la soirée avec un son parfois un peu rétro, mais le français adopte un tempo nettement plus enlevé que Umberto, une sorte d’electronica mélodique et nonchalante dans laquelle on a plutôt plaisir à se laisser bercer. On trouve régulièrement le son chaleureux des orgues, des mélodies qu’il met en boucle en direct et qu’il superpose à de nouveaux éléments, et petit à petit les morceaux se font un peu plus riches, se renouvellent plus facilement jusqu’à un joli final.
Une musique efficace, pas prise de tête, une première partie fort plaisante.

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Umberto

On enchaine donc avec Umberto qui comme son nom de l’indique pas, est américain. On oublie ce petit détail d’autant plus facilement qu’il est connu pour produire une musique inspirée par les films d’horreur italiens. De mémoire, il est un peu plus équipé qu’à Toulouse, avec laptop et deux claviers, l’un pour commander le logiciel, le second qu’il utilisera parfois pour un complément de mélodies.
Après un premier titre au tempo soutenu, presque léger, Umberto enchaine avec le superbe The Psychic, à la mélodie envoutante. Une fois l’ambiance posée, les titres s’enchainent avec mélodies imparables et sonorités rétros qui réveillent en nous une pointe de nostalgie. Ambiance de maisons hantées, habitées de chœurs fantômatiques, Umberto fait danser les fantômes et termine avec le bien nommé Everything is Going to be Okay, parfait générique après un happy end.
Le public en redemande, Umberto hésite en regardant les organisateurs qui acquiescent et c’est reparti pour un dernier titre nous amenant à une petite heure de concert.

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Ensemble Economique

On termine avec Ensemble Économique, le projet de Brian Pyle que l’on ne connaissait donc pas, et qui nous surprendra un peu. D’un côté on a un laptop sur une petite table et de l’autre l’artiste, assis sur une chaise, un clavier de commande sur les genoux et un micro devant lui.
La musique d’Ensemble Économique est avant tout électronique mais elle intègre systématiquement une dimension pop avec l’omniprésence du chant et des morceaux un peu longs mais bien distincts. Coincé sur sa chaise, Brian Pyle se contorsionne, il donne l’impression d’être habité, de jouer un rôle, et on trouvera qu’il en fait un peu trop.
Dommage, cela nous gâche un peu le concert alors que la musique elle, a plutôt tendance à nous parler. Elle possède elle aussi quelque chose de grandiloquent, cinématographique ou théâtrale, incarnant une sorte de fatalité avec ton tempo pesant, les mêmes orgues qu’Umberto, et une voix elle même perdue, noyée dans sa reverb. Le dernier titre, un peu différent puisque le californien se produisait à la guitare, finit d’enfoncer le clou, avec un tempo métronomique, lent, comme inéluctable.
On a beau faire quelques recherches sur le net, tout ce que l’on trouve de Ensemble Économique est très différent du concert de ce soir que l’on est tenté de rapprocher de la scène witch house (ambiances dérangées, chant perdu dans les effets), la douceur en plus. On jette alors une oreille au disque acheté après le concert, et oh surprise, nous retrouvons tout ce que l’on a pu entendre à l’Espace B. Ce disque intitulé Spring 2012 au format CDR est une preview propre à cette tournée européenne, qui donne un aperçu de l’album à venir. Du coup nous oublions nos petites remarques liées à la prestation scénique, nous partons nous replonger dans ce futur album et nous vous conseillons de suivre ce projet.

Fabrice ALLARD
le 26/04/2012

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