5ème Bozar Night : Oneohtrix Point Never / Daedelus / Clark

 date du concert

30/04/2012

 salle

Bozar,
Bruxelles

 tags

Bozar / Clark (Chris Clark) / Daedelus / Oneohtrix Point Never

 liens

Clark (Chris Clark)
Bozar
Oneohtrix Point Never
Daedelus

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Cinq mois après la quatrième édition, retour au Bozar pour une nouvelle soirée électro-culturelle puisqu’on commence par déambuler dans les expos, accessibles en nocturne. On a particulièrement apprécié les vastes explosions chromatiques du Danois Per Kirkeby, que nous avouons ne pas connaître précédemment, ainsi que la petite salle dédiée à la période norvégienne de l’excellent Kurt Schwitters, avant de goûter à l’"écriture photographique" de l’énigmatique Cy Twombly. Une bien agréable entrée en matière avant de rejoindre le Hall Horta sur le coup de 23h avec, cette fois, un timing respecté à la minute près, ce qui est toujours particulièrement agréable.

On pouvait légitimement se demander comment l’ambient un brin abrupte de l’intriguant Oneohtrix Point Never serait accueillie dans ce cénacle composé, comme à l’accoutumée en ces lieux, pour partie de cultureux branchés et pour partie de clubbers extatiques. On peut féliciter les organisateurs d’avoir osé le pari risqué d’une telle programmation. L’audience était somme toute réduite pour ce set, mais d’autant plus attentive. Daniel Lopatin, originaire de Brooklyn, est très prolifique puisqu’il a sorti une petite dizaine d’albums en cinq ans seulement. Sa musique est exigeante, et demande une écoute concentrée. Ce n’est en effet pas de nappes ambient, à même de remplir distraitement l’atmosphère, qu’il s’agit ici, mais de sonorités souvent vintage, surprenantes, agencées de manière pénétrante par un musicien inspiré. Grondements sourds, craquements, bruissements métalliques, ersatz de mélodies çà et là, c’est une panoplie sonore variée et en constant renouvellement qui se déploie à nos oreilles, pour un résultat franchement convaincant. En revanche, on a déjà pu bénéficier de projections géométrico-abstraites plus élaborées et plaisantes.

On sera moins enthousiaste au sujet de Daedelus, sympathique dadais à rouflaquettes qui se présente cravaté et engoncé dans un veston cintré passé de mode qui a dû lui tenir bien chaud, le lieu devenant peu à peu une étuve en ce début de printemps météorologique tant attendu. Devant un jeu de miroirs mobiles original, qui reflétait la scène, la salle et surtout le lightshow, l’Américain Alfred Weisberg-Roberts s’est bien démené pour enflammer l’assistance qui n’en demandait certes pas mieux, mais sa prestation déçut quelque peu nos oreilles. Auteur lui aussi d’une bonne dizaines d’albums - le dernier en date, Bespoke, est sorti sur Ninja Tune en 2011 et il s’agit assurément là d’un havre idoine pour ses travaux -, il n’a semble-t-il pas véritablement souhaité reproduire en live la relative finesse et diversité d’inspiration que l’on retrouve sur ses disques, où les ambiances naviguent globalement d’une IDM abstract à un downtempo foisonnant. Ici, c’est plutôt à une heure de breakbeats syncopés, orientés funk et hip-hop, que nous avons assisté. Avec, de temps à autres, des passages exubérants qui faisaient mouche dans ce foisonnement mais, aussi et surtout, un sentiment de systématisme et de manque d’originalité dans le propos. En demi-teinte donc, s’agissant du live, mais certainement à conseiller sur disque.

Vient alors, sur le coup d’une heure du matin, la star de la soirée, à savoir (Chris) Clark. L’Anglais venait présenter son sixième album, Iradelphic, qui vient de sortir (chez Warp, comme les cinq précédents). On s’en réjouissait, car sauf erreur - la mémoire nous fait souvent défaut... - nous ne l’avions jamais vu en live et, surtout, ce disque renoue avec la veine mélodique très soignée et puissamment agencée qui faisait de Empty The Bones of You un album particulièrement réussi, mais qui avait assez largement déserté un disque comme Turning Dragon, que nous trouvons passablement rébarbatif. Iradelphic, de ce point de vue, se présente sous des auspices prometteurs. Le set, déployé devant un parterre enthousiaste et conquis, fut indubitablement réussi, avec un déluge de structures rythmiques et de patterns sonores soigneusement conçus. Il reste que l’Anglais semble peiner à déployer une véritable ligne directrice raisonnablement cohérente, à nous montrer le chemin qu’il entend nous faire emprunter. A force de variations constantes et d’idées bouillonnantes, le propos perd un peu en conviction, tout en restant très nettement supérieur à la moyenne.

Bilan positif donc pour cette cinquième édition, en attendant la sixième fin novembre, qui sera précédée en septembre d’un Bozar Electronic Arts Festival à suivre de près.

Gilles Genicot
le 03/05/2012

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