Humanist Records Festival #3 : Christina Vantzou / Witxes

 date du concert

08/05/2012

 salle

Espace En Cours,
Paris

 tags

Christina Vantzou / Espace En Cours / Witxes

 liens

Witxes
Christina Vantzou

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Manifestation dijonnaise, émanation du label Humanist Records, le festival du même nom se consacre aux « avant-gardes et musiques indépendantes ». Après deux éditions uniquement bourguignonnes, les organisateurs ont eu la brillante idée de programmer également des dates parisiennes, avec peut-être moins de têtes d’affiche (Matt Elliott, Winter Family et Julia Kent ne jouent qu’à Dijon) mais une volonté intacte de proposer des plateaux plutôt cohérents. Pour ouvrir le festival, rendez-vous était donné à l’Espace En Cours, en ce jour férié, pour un apéro suivi de deux concerts, le tout dans une ambiance sympathique et rendue encore plus chaleureuse par l’affluence (la petite salle était pleine comme jamais).

À l’heure du rosé, Witxes se posta derrière sa table, dans une configuration proche de celle décrite lors de son concert de l’an passé en première partie de Tim Hecker. Non présents ce jour-là à l’Espace B, nous découvrions donc le Français et ses textures opaques et granuleuses. Utilisant aussi bien ses machines (laptop, table de mixage, effets) que sa guitare, allongée sur la table et affublée d’un e-bow, Maxime Vavasseur livra une ambient tout à fait convaincante, à la fois sombre mais aussi parsemée de touches plus douces. Au bout d’un moment, il saisit sa guitare, passa la lanière autour du cou et opta pour un jeu en accords grattés, afin d’incorporer ceux-ci aux nappes. Plus éthéré, ce passage fut également marqué par une légère réverbération avant de reposer l’instrument pour un final à la granulosité de plus en plus forte et imposante.

Le temps de se rafraîchir, de moduler un peu la pièce pour permettre à tout le monde d’y entrer, et Christina Vantzou prit place ; ou plutôt Christina Vantzou et ses quatre acolytes puisque la musicienne était ce soir entourée d’un quatuor : deux violoncellistes, une violoniste et une clarinettiste (qui officia également à la flûte traversière). Pour débuter, la Gréco-États-unienne fit un cadeau à l’une de ses violoncellistes, dont la famille était dans la salle et la grand-mère hébergeait le soir même toutes les musiciennes : la possibilité d’interpréter l’une de ses propres chansons à la guitare électrique, morceau sur lequel on préfèrera, par charité, ne pas s’arrêter.

Dos au public afin de pouvoir correctement diriger les instrumentistes, debout devant une table sur laquelle son ordinateur et son sampler étaient disposés, Christina Vantzou utilisa ce dernier pour enregistrer les spectateurs en train de murmurer, après qu’elle a donné la note, un « ré » destiné à être utilisé comme nappe pendant le concert. Tous ces prolégomènes passés, la prestation du quatuor put véritablement commencer et retrouver ce qui avait été l’intention initiale de la musicienne au moment de la gestation de son album : proposer une pièce unique d’environ trois-quarts d’heure. Constituée d’une dizaine de mouvements, servant des vidéos chapitrées identiquement et narrant une forme de conte à base de visions psychés (formes kaléidoscopiques, couleurs saturées) et d’avions qui traversent l’écran, cette pièce nous sembla beaucoup plus néo-classique que sur disque. En effet, la présence physique des instruments et l’ampleur que prenaient leurs interventions dans ce petit espace prirent aisément le pas sur les apports synthétiques. S’autorisant même un moment proche de la musique concrète ou la réalisation de quelques vocalises, les quatre jeunes femmes ravirent l’auditoire, jusqu’au sublime Super Interlude Pt. 2 qui conclut impeccablement le set.

François Bousquet
le 10/05/2012

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