Scanner + David Rothenberg

You Can’t Get There From Here

(Monotype Records / Metamkine)

 date de sortie

18/07/2011

 genre

Electronique

 style

Ambient / Future Jazz / Improvisation

 appréciation

 écouter

11 extraits (MP3)

 tags

Ambient / David Rothenberg / Future Jazz / Improvisation / Monotype Records / Scanner

 liens

Scanner
Monotype Records
David Rothenberg

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Cela fait bien longtemps que l’on n’avait pas chroniqué un disque de Scanner. C’est a priori une surprise de le retrouver sur le label polonais Monotype dont les productions oscillent entre l’électronique très expérimentale et l’acoustique improvisée. Le label nous propose ici un croisement entre les deux puisque Robin Rimbaud rencontre David Rothenberg, clarinettiste reconnu, publié notamment chez ECM et auteur de plusieurs livres faisant le lien entre nature, culture et technologie.

Ne connaissant pas le travail du clarinettiste, nous ne savions trop qu’attendre de cette collaboration, ni quelle part chacun allait y prendre. En fait on retrouve tout de suite nos petits avec As Air Moves In qui sert d’ouverture. Le travail de Scanner se révèle ici pointilliste, se cantonnant à une rythmique lorgnant vers le dub et quelques nappes d’accompagnement. Une structure de base sur laquelle s’appuie David Rothenberg pour ses improvisations, tour à tour aérée, contemplatives (on trouvera logique de le voir publié chez ECM) et chatoyantes.
Si ce genre de rencontre est toujours intéressant, il est également risqué de croiser des univers aussi différents. Ce disque en fait encore la démonstration, même si l’on reconnaitra que le duo se sort assez habilement de cet écueil, parvenant à trouver un certain équilibre entre acoustique et électronique, en particulier sur les pièces les plus ambient. C’est le cas de You Can’t Get There From Here, baigné du bouillonnement de field recordings aquatiques ou du timide The Far Field, avec un Scanner magnifiquement effacé, ne jouant que de simples bruitages ambiants aux tonalités nocturnes et mystérieuses. On notera une approche très différente sur Compounding Daydream, plus classiquement ambient puisque arythmique, la clarinette semblant être traitée afin de créer nappes et souffles oscillants au second plan.

Le reste de l’album est musicalement assez varié, mais aussi inégal. On ne pourra s’empêcher de penser à Biosphere en écoutant la rythmique étouffée de Where Do You Run To ?, enregistré en live, parsemé de virevoltes de flute et theremin, et affublé d’un chant répétitif et lancinant. On goutera moins le spoken word de Tlingit Death Song, anodin, que l’on ne peut s’empêcher de rapprocher d’un jazz lounge et l’on a parfois l’impression que les deux artistes ne jouent pas ensemble, notamment sur Black Betwixt Darkness où Rothenberg est en roue libre.
Quelques égarement qui restent toutefois à la marge. On retrouve les deux hommes à l’unison en fin de disque avec Fabian Fox, une rythmique sourde et tribale, une ambiance futuriste, foisonnante, à peine teintée d’influences moyen-orientales.

Une collaboration intéressante, un peu inégale, que l’on conseillera avant tout aux amateurs d’ambient et/ou de jazz contemplatif. On vous laisse avec les ambiances tribales de The Serpentine Way, un exemple réussi d’équilibre entre les deux artistes.

Fabrice ALLARD
le 20/05/2012

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