Cindytalk

Hold Everything Dear

(Editions Mego / La Baleine)

 date de sortie

02/08/2011

 genre

Electronique

 style

Ambient / Expérimental / Field Recordings

 appréciation

 écouter

Hanging in the Air (MP3)

 tags

Ambient / Cindytalk / Editions Mego / Expérimental / Field Recordings

 liens

Editions Mego
Cindytalk

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Voici le troisième album de Cindytalk depuis la reprise de ce projet en 2009 avec The Crackle Of My Soul. On est toujours chez Editions Mego, il s’agit encore d’un disque composé sur la longueur (entre 2006 et 2011), mais le changement se fait au niveau des participants puisque Matt Kinnison, bassiste de Cindytalk depuis 1982, décédé en mai 2008 est ici crédité.

Difficile de dire si le passage au duo en est la cause, mais ce nouvel album fait preuve d’un net changement de style. Alors que les deux précédentes sorties s’appuyaient sur un jeu de textures au profit d’une ambient noise, Hold Everything Dear fait la part belle aux field recordings et sonorités claires, voire aux mélodies tout en restant sur des ambiances tour à tour brumeuses et mystérieuses.
Le changement est perceptible dès le premier titre, How Soon Now..., qui s’ouvre sur des voix d’enfants, des bruissements et légers tintements évoquant des gouttelettes. L’apparition d’un piano, doux et posé finit de conférer à cette pièce une teinte ambient et contemplative, visiblement influencée par la culture japonaise. Le disque a en partie été enregistré au pays du soleil levant, et si cela n’apparait pas clairement dans la musique, c’est le titre qui laisse un indice, à l’image de From Rokko-San et son ambient polaire.

Le piano apparait régulièrement, ne serait-ce que sur de multiples interludes trahissant une certaine nostalgie, sortes de photos jaunies à base de mélodies rouillées et ambiances sonores (Waking In The Snow, Fallen Obi, I See You Uncovered).
Mais le plus clair de l’album est composé de pièce de 6-9mn généralement imagées. Une invitation au voyage via le bruits de moteurs, le jingle d’annonce d’une gare, une ambiance de rue (In Dust to Delight), légers piaillements d’oiseaux (Fly Away Over Here), crépitement du feu ou écoulement d’eau (Those That Tremble As If They Were Mad) sont généralement habillés de sonorités métalliques. Simples tintements, grelots, ou barre de fer que l’on trainerait sur le sol avec une résonance infernale (Floating Clouds), ces bruitages confèrent à l’ensemble du disque un certain mystère, des ambiances anxiogènes.

La parenthèse qui s’ouvrait au piano avec How Soon Now... se ferme de la même manière avec ...Until We Disappear. Quelques voix, écoulement d’eau, grincements et grelots, cette conclusion agglomère à peu près tout ce que l’on entend depuis une heure. La synthèse d’un très bel album, toujours expérimental, de l’ordre de la poésie sonore, mais qui se révèle être bien plus facile d’accès que ses deux précédentes productions.

Fabrice ALLARD
le 28/05/2012

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