The Transcendentalists : Dustin O’Halloran / Hauschka / Jóhann Jóhannsson

 date du concert

22/05/2012

 salle

Café de la Danse,
Paris

 tags

130701 / Café de la Danse / Dustin O’Halloran / Hauschka / Jóhann Jóhannsson

 liens

Jóhann Jóhannsson
Café de la Danse
Dustin O’Halloran
Hauschka
130701

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Alors que la vague du néo-classique (à son apogée en 2005) semble aujourd’hui un peu retombée, ce reflux a permis d’écarter les poseurs et opportunistes et de ne conserver que les authentiques amateurs de ce style musical, principalement centré sur le piano et les cordes. Parmi eux, trois artistes déjà évoqués avec bienveillance dans ces pages se trouvent regroupés, le temps d’une tournée commune, par 130701, sous-label de FatCat qui les accueille de temps à autre et sortait, pour l’occasion, un tour 12" partagé (six morceaux, deux chacun). Intelligemment programmée au Café de la Danse, la soirée trouvait là un cadre parfaitement adapté pour un tel plateau, avec ses sièges, sa jauge mesurée, son public attentif et sage et ses horaires pas trop tardifs.

Précisément, pour débuter, peu avant 20h, c’est Dustin O’Halloran qui retrouvait la salle un mois après y être venu avec A Winged Victory For The Sullen. Assis derrière le piano demi-queue qui ne quitta pas le côté jardin de la scène de toute la soirée, l’États-unien était accompagné d’un quatuor à cordes installé au centre du plateau. Dans de traditionnels échanges, les cinq musiciens jouèrent soit ensemble, soit séparément, au gré des morceaux néo-classiques interprétés avec ou sans apports électroniques (petit sampler, programmateur, tous lancés par O’Halloran). Marquée par une profondeur du clavier et une ampleur du jeu des cordes, jouées en pizzicati qu’une seule fois du set, cette petite heure de concert put également être appréciée à sa juste valeur grâce à une mise en place sonore impeccable. Les instruments à cordes étaient repiqués plutôt discrètement (trois perchettes installées à bonne distance, au-dessus des violons et alto) tandis que le mur de pierre de la salle parisienne et la haute cage de scène contribuaient indubitablement à la qualité de l’écoute.

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Hauschka

Le temps de préparer son piano et Hauschka s’installa ensuite avec, en pendant, côté cour, Samuli Kosminen, percussionniste de Múm depuis quelques disques et qui accompagnait l’Allemand sur cette tournée. Disposant e-bows, chaînettes ou pinces sur les cordes de son piano, Volker Bertelmann mit donc en place un dispositif proche de celui vu l’an passé à la Gaîté Lyrique. Cependant, avec la présence de son compère islandais, la donne était cette fois-ci un peu différente si bien que la batterie couvrait la partie la plus percussive du piano et que la dimension « préparée » de ce dernier se fit moins ressentir que l’année dernière (d’autant plus que le timing assez serré de la soirée ne lui permit pas d’utiliser tous ses ustensiles habituels). À la différence du set d’O’Halloran, plutôt linéaire, Hauschka livra une prestation montant en puissance : premiers morceaux assez dépouillés, travaillant sur les sonorités produites, intervention du quatuor à cordes sur un titre, présence de plus en plus affirmée de la batterie et, enfin, deux derniers morceaux (probablement extraits de son album Salon des Amateurs) avec des rythmiques samplées en sus et une attaque du piano lui conférant une tonalité quasi-dub.

Afin de clore la soirée, Jóhann Jóhannsson prit place à son tour et le quatuor à cordes revint s’asseoir au centre. Retour à une dimension plus intimiste avec ce concert de l’Islandais qui disposait, en plus du piano, de deux laptops qu’il utilisa avec parcimonie, juste pour distiller quelques nappes, sauf dans deux morceaux, vers la fin du set, dans lesquels des rythmiques entraînantes furent lancées, apports nettement plus substantiels que les vocalises féminines du dernier morceau, dispensables mots en latin façon new-age technoïde.

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Jóhann Jóhannsson

Devant le mur de pierre du Café de la Danse, une tenture noire avait été tendue pour servir de support à des vidéos diffusées pendant tout le set. Or, un grand rideau, c’est bien connu, cela fait des plis et rend difficilement perceptible des films qui, de toute façon, ne semblaient pas apporter grand-chose. Musicalement, si le schéma tournait bien dans l’ensemble, on trouva les morceaux trop courts, générant une forme de frustration chez un auditeur qui pouvait, de surcroît, estimer que Jóhannsson se complût un peu dans une pose auteuriste mutique : pas un mot au public, mine fermée et raideur de la posture, contrastant avec l’enthousiasme et la volonté d’échanger de ses prédécesseurs.

François Bousquet
le 26/05/2012

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