Un Mage en Été

 auteur

Olivier Cadiot

 metteur en scène

Ludovic Lagarde

 date

du 24/05/2012 au 03/06/2012

 salle

Théâtre du Rond-Point,
Paris

 appréciation
 tags

Olivier Cadiot / Théâtre du Rond-Point

 liens

Théâtre du Rond-Point

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L’exercice du monologue est particulièrement difficile à appréhender. Il y a quelques semaines, on avait ainsi assisté à une représentation, aux Bouffes du Nord, de Lettre au père de Kafka, dans laquelle Jean-Quentin Châtelain s’égarait un peu dans toutes les limites du style : ton sentencieux et quasi-monocorde, nécessaire béquille permanente d’un souffleur, déambulations injustifiées sur le plateau, absence de corps de l’ensemble du spectacle. Avec Un mage en été, pièce créée à Avignon il y a deux ans, la perspective est toute autre car Ludovic Lagarde, dans sa mise en scène, fait appel à un certain nombre d’adjuvants pour accompagner le propos d’Olivier Cadiot, magnifiquement dit par Laurent Poitrenaux.

Vêtu d’un costume de lin blanc, face au public sans véritablement bouger ses pieds pendant une heure et demie, le comédien livre un texte à la fois poétique et non narratif, fait de fragments de souvenirs à mesure que le mage du titre se plonge dans différentes époques, comme si, à chaque fois, il prenait la peau d’un nouveau personnage. Pour servir ce texte ambitieux, un gros travail sur la lumière et sur le son est effectué. La première utilise une large palette chromatique pour figurer aussi bien le fond verdâtre d’une rivière que des aspects plus bleutés tandis que le second a bénéficié de l’apport de l’IRCAM. Incontestablement, cela se ressent dans le traitement sonore réalisé, jouant sur les variations d’intensité et les nuances, filtrant plus ou moins la voix de Poitrenaux, ajoutant même quelques ingrédients électroniques par endroits.

Visuellement, Lagarde sollicite par ailleurs quelques vignettes parmi celles que l’on trouve dans l’ouvrage de Cadiot, comme autant de marqueurs des personnalités qu’endosse tour à tour le mage. Ces images fonctionnent alors comme des aides indéniables à la saisie d’un texte qui peut rebuter par son trop grand formalisme et son absence de trame dramatique propre (le public du troisième âge qui nous entourait, à cette matinée du dimanche où nous étions, ne manqua pas de souligner son agacement face à l’exigence du dispositif) mais qui sait, néanmoins, ménager quelques vrais moments comiques (les imitations d’Adorno ou de Proust). Cette variation de registres permet ainsi à Poitrenaux de déployer tout son talent de diseur et toute une gestuelle dans un spectacle qui se conclut par une antiphrase, au regard de ce que le spectateur vient de voir : « Vous n’imaginez pas ce que peut un corps ».

François Bousquet
le 01/06/2012

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