Winter Family

Red Sugar

(Sub Rosa / Differ-ant)

 date de sortie

19/09/2011

 genre

Electronique

 style

Ambient / Drone / Folk / Acoustique

 appréciation

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3 extraits (Flash)

 tags

Acoustique / Ambient / Drone / Folk / Sub Rosa / Winter Family

 liens

Winter Family
Sub Rosa

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Six ans que l’on suit le travail de Winter Family, mais première chronique d’un disque, leur second après un double éponyme déjà publié chez Sub Rosa. Le duo a beaucoup de choses à dire et nous propose une fois encore un disque dense avec 70mn de piano et harmonium habillant les spoken words de Ruth Rosenthal.

Si dans le privé Winter Family a connu l’arrivée d’une petite fille (que l’on devine balbutier en intro de l’étonnamment apaisé Come), d’un point de vu strictement musical cette formation se présente toujours sous forme d’un duo composé de Ruth Rosenthal et Xavier Klaine auxquels se sont joints quelques amis comme Norsola Johnson (Godspeed You ! Black Emperor) au violoncelle ou Olivier Demeaux (Cheveu) à l’orgue.
Pour nombre de formations, disque et scène sont l’occasion de proposer des versions qui peuvent s’avérer très différentes. Au contraire, à l’écoute de Red Sugar nous avons l’impression de réécouter l’un des concerts de Winter Family, avec notamment de nombreux morceaux que le duo jouait déjà sur scène en 2009. L’univers extrêmement dépouillé du groupe y est certainement pour beaucoup : un piano, des drones d’harmonium, quelques grelots et clochettes, et la voix de Ruth qui bénéficie d’un travail plus subtil sur disque, manipulée par des effets lui donnant un style lo-fi (Red Sugar) ou se produisant en duo sur Come et DeadEnd.

Mais malgré quelques passages un peu plus apaisés, Winter Family se nourrit toujours d’un constat amer sur la nature humaine et nous livre des textes emprunts de mysticisme, de guerre (allusion au débarquement en Normandie sur Omaha, sirène d’alarme sur Tea and Lies With Theodor), de politique (intégration de l’enregistrement d’un discours dans le cadre d’un meeting sur Dancing in the Sun), voire d’écologie, en s’appuyant bien souvent sur des souvenirs, des peurs d’enfance (Dancing in the Sun), et sur la nostalgie d’un monde meilleur.
Extrêmement poétiques, les textes restent généralement au niveau de la suggestion, de l’image, d’une anecdote qui s’inscrit dans un cadre difficile. C’est donc la musique qui vient appuyer le propos, entre piano timide pour l’apaisement (Shooting Stars) et drones nasillards, emportement du tempo afin de traduire noirceur, violence et chaos (Dancing In the Sun). Parfois Ruth Rosenthal image ses textes en les ponctuant de cris puissants ou en imitant tirs et explosions sur Omaha, un classique des concerts du duo.

On aimait beaucoup Winter Family en concert, on n’est donc pas déçu par l’album qui retranscrit avec fidélité l’univers musical du duo franco-israélien.

Fabrice ALLARD
le 04/06/2012

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