Démangeaisons de l’oracle

 auteur

Florent Trochel

 metteur en scène

Florent Trochel

 date

du 04/06/2012 au 16/06/2012

 salle

Théâtre Paris-Villette,
Paris

 appréciation
 tags

Florent Trochel / Théâtre Paris-Villette

 liens

Théâtre Paris-Villette

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Alors que l’avenir du lieu est assez incertain (la Ville de Paris envisage, en effet, de se désengager financièrement pour 2013 et d’en faire une salle de concert dédiée au jazz), se rendre au Théâtre Paris-Villette relève presque du militantisme en cette fin de saison. Fidèle à sa ligne défricheuse, la structure y accueille Florent Trochel pour un spectacle écrit et mis en scène par le jeune homme. Centrée sur la figure d’Œdipe Werner, ancien directeur d’une usine de retraitement de déchets devenu aveugle, la pièce ne s’appesantit heureusement pas sur le lien mythologique qu’on pressentait vu son titre et le nom de son personnage principal. À la place, il s’agit de retracer le parcours de cet homme, mis à la porte de sa société à l’occasion d’un changement d’actionnaires, et qui va trouver en Venezia, une jeune femme prête à lui servir d’aide au quotidien.

Sur cet argument plutôt ténu, servi par une narration partiellement délinéarisée, Démangeaisons de l’oracle revendique apparemment de tenir surtout par sa mise en scène, avec ce grand écran tendu à l’avant-scène sur toute la largeur du plateau et toute la hauteur de la cage de scène. Y est projeté un mélange de séquences fictionnelles tournées en décor réel (intérieurs et extérieur), avec les comédiens qu’on retrouve aussi sur le plateau, et de captations en négatif de ce qui se déroule sur le plateau. Dans le même temps, la musique d’Olivier Mellano (de Mobiil et Psykick Lyrikah), emballantes compositions de post-rock instrumental, se fait omniprésente. Du coup, le spectacle, comme Œdipe avec son appui sur Venezia, marche sur trois pieds : théâtre, cinéma et musique.

Le souci, c’est que nous n’assistons ni à un concert, ni à une séance de cinéma, mais à une représentation théâtrale ; or, des trois pieds, c’est celui-ci le plus faible, voire le moins utilisé, voire le moins utile. De fait, tandis que musique et cinéma sont très présents (la musique est indiscontinue et, les trois-quarts du temps, des images sont diffusées), seul le monologue final de Venezia justifie l’aspect dramaturgique d’une création certes ambitieuse mais qui ne parvient pas forcément à concrétiser ses envies.

François Bousquet
le 15/06/2012

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